Le recours aux forêts

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Pérégrinations forestières

juin 2006, par Laurent Margantin

Avant d’aller vivre dans le Val d’Oise, mes parents et moi, nous avons passé quelques années dans un logement de Villeneuve-la-Garenne, à la périphérie de Paris, dans l’un de ces monuments de béton des années soixante qui ont été démolis depuis. Je dois avouer au seuil de ces pages que j’ai regardé les images de leur dynamitage à la télévision il n’y a pas si longtemps avec un réel plaisir. Je me souviens d’un appartement dans les étages supérieurs, appartement aux fenêtres duquel on pouvait se poster de longs moments en se demandant si cela valait bien la peine de grandir. Puis dès que mes parents eurent les moyens financiers - je devais avoir six ou sept ans -, ils s’engagèrent dans l’achat d’un pavillon à une vingtaine de kilomètres de Paris, à Herblay, dans une cité qui avait été baptisée les Buttes blanches. Cité pavillonnaire qui devait s’agrandir avec les années, mais qui avait l’énorme avantage d’être située à la bordure de champs et de bois qui nous séparaient de la ville avoisinante, Conflans-Sainte-Honorine. Depuis la fenêtre de ma chambre, je pouvais voir la rue, et de l’autre côté de la rue un bois dont les arbres étaient assez grands pour me donner l’impression d’habiter la forêt. Le soir, quand le soleil se couchait derrière la "forêt", tout le paysage était rouge, d’un rouge qui apaisait l’esprit et lui communiquait de sa force.

Toute mon enfance fut éclairée par cette lumière qui donnait aux arbres du bois, à leurs branchages, surtout en hiver, une espèce de vitalité incandescente. Je ne raconterai pas ici ce qui paraît aller de soi : les longues après-midi de jeu parmi les arbres, seul ou accompagné, car le bois s’étendait tout autour de la cité, et fut toujours préservé par l’extension de la zone habitable. J’éprouvais chaque jour une joie immense à entrer dans le domaine arborescent, joie jamais diminuée avec les années, et depuis je ne peux m’imaginer de plus grand moment, lors d’une marche à la campagne, que celui où je soulève un feuillage pour pénétrer parmi les arbres.
Cette banlieue-là, avec ses enclaves de vie végétale qui ne sont ni des parcs ni des aires de loisir comme on commençait à en aménager non loin de là, à Cergy, je lui dois beaucoup. Elle n’était pas tout à fait coupée des forêts d’Ile-de-France où nous allions marcher quelquefois en famille, ni des lieux où nous séjournions régulièrement pendant les vacances scolaires. Elle était plutôt une frontière qu’un espace fermé duquel ne pouvaient s’échapper ses habitants, et semblait pleine de pistes qui pouvaient conduire ailleurs. Si j’avais grandi directement dans Paris, sans doute n’aurais-je jamais eu ce sentiment curieux de vivre à la limite d’un autre domaine qui me demeurait partiellement inconnu, malgré les incursions que j’y faisais. Le département était ainsi constitué, partagé entre la ville et le Vexin, et cette terre de cultures essentiellement, qui commençait après Pontoise, provoquait un réel sentiment d’ouverture, et invitait à s’aventurer vers un autre espace, au-delà du petit domaine circonscrit du bois.

Ici aussi la forêt borde la ville. À partir du centre, il suffit de marcher une demi-heure pour se retrouver au milieu des arbres. De partout, des rues du quartier universitaire aux abords de la gare, la verdure surgit, invitant à y pénétrer, à s’y enfoncer et à s’y perdre.
Au nord de Tübingen, il y a le domaine forestier de Schönbuch. Après Lustnau, j’aime aller vers Bebenhausen, et prendre cette longue allée ouvrant sur la forêt. Il m’est arrivé à certaines périodes de l’année d’y aller chaque jour et de constater les modifications de couleurs, la croissance ou le jaunissement des feuillages. Les phases les plus belles sont bien sûr le début du printemps et les premiers jours de l’automne, lorsque les couleurs sont les plus diverses et les plus subtiles. D’un jour à l’autre, les variations sont infimes, quasi imperceptibles : d’abord nues, les branches se couvrent de bourgeons minuscules, ou bien, à l’automne, des taches brunes se forment dans les feuillages, mais ce sont dans les deux cas des phénomènes qui laissent la conscience endormie, car ils ne la surprennent pas par l’effet d’un changement radical et soudain : le monde change autour de soi, les feuilles resurgissent ou bien sèchent, mais sans heurt, avec la lenteur du temps, à une profondeur qui n’est pas celle de la conscience normale et " éveillée ". L’effort - car il s’agit bien d’un effort tellement l’homme aime à vivre dans un milieu ou un environnement où chaque jour il aime reconnaître ses marques -, l’effort consiste alors à se plonger dans ce monde quotidien et pourtant chaque jour nouveau, à se mêler à cette évolution infinitésimale des couleurs, à ressentir le plus fortement possible leur changement, leurs mélanges, leur vie.

Mais pour ce paysage aux feuillages dont les couleurs varient chaque jour, le langage apparaît pauvre. La peinture semble plus apte à saisir cette diversité de la vie végétale, plus capable de rendre les nombreuses nuances des couleurs. La langue manque encore une fois de mots qui marqueraient un rapport au monde plus intense, et ce fait est sans doute imputable à l’absence d’une relation quotidienne avec les choses les plus simples. Je pense ici aux nombreux substantifs et adjectifs que possèdent les Inuits pour évoquer les différentes neiges. Pour eux - et avec raison, car ils savent voir -, il n’existe pas une seule neige, mais chaque jour apporte avec lui de nouveaux flocons, et découvre un nouveau paysage : le pas de l’homme dans la matière froide et blanche éprouve avec force et attention la réalité de l’environnement et du monde qu’il habite. De là découle une langue au vocabulaire riche de milliers de sensations différentes.
À une époque où la sensation du réel est filtrée par les écrans de télévision et de cinéma, les mots et les émotions qui les font naître ou évoluer, s’enrichir, sont imposés par un monde fermé et prisonnier de ses intérêts immédiats qui sont : l’argent, le succès, le sport, etc. La langue s’appauvrit et meurt non pas à cause du contact avec des langues étrangères qui la contamineraient et la remplaceraient, non, la langue meurt mangée de l’intérieur, asséchée par l’absence de sensations vivantes et de perceptions inédites.

Rouge-vert, rose-orange, rouge-marron, vert-rouge-rouge, jaune-vert, jaune-jaune-vert, jaune-orange, jaune-orange-jaune, telles sont quelques-unes des combinaisons que perçoit l’oeil devant les frondaisons de la forêt de Schönbuch éclairée par la lumière de septembre ou d’avril, telles sont les combinaisons réelles et sensorielles pour lesquelles il n’existe pas de vocables, et j’imagine une langue où il y aurait des adjectifs à disposition pour chaque variation des couleurs végétales, et d’autres pour les colorations des roches, et d’autres encore pour les couleurs du ciel ou les teintes des différents bois, des différentes chairs, et pour chaque matière un répertoire de termes tous appropriés, adaptés à chacune des facettes de celle-ci, à chacune de ses métamorphoses, de ses variations en fonction de l’environnement, de l’époque, du lieu et du moment. Langue rêvée, langue cependant possible qui serait le résultat d’une observation poétique méticuleuse, dépendante évidemment de connaissances scientifiques précises, mais finalement toujours poétique (transmutation de données brutes en un monde inédit, celui de la conscience non pas imaginante mais éveillée), langue d’explorateur du quotidien, d’aventurier au jour le jour, langue d’homme longtemps silencieux, d’homme ayant rompu avec les réalités appauvrissantes d’une époque conditionnée par la reprise infinie des mêmes images, des mêmes sons et des mêmes mots.

J’aime relire ces lignes de Heidegger, pour lequel l’expérience de la forêt, de la Forêt-noire en particulier, fut tellement importante : "Nous nommons en allemand l’état d’ouverture qui seul rend possible à quoi que ce soit d’être donné à voir et de pouvoir être montré : die Lichtung. Le mot allemand Lichtung est linguistiquement un mot formé pour traduire le français clairière. Il est formé sur le modèle de mots plus anciens tels que Waldung et Feldung. Ce qui est Waldlichtung, la clairière en forêt, est éprouvé par contraste avec l’épaisseur dense de la forêt, que l’allemand plus ancien nomme Dickung. Le substantif Lichtung renvoie au verbe lichten. L’adjectif licht est le même mot que leicht (léger). Etwas lichten signifie : rendre quelque chose plus léger, le rendre ouvert et libre, par exemple dégager en un lieu la forêt, la désencombrer de ses arbres. L’espace libre qui apparaît ainsi est la Lichtung". On pourrait rapprocher facilement le mot Lichtung de Licht, qui signifie lumière. Mais, dit Heidegger, "ce qui est licht au sens de libre et d’ouvert n’a rien de commun ni linguistiquement ni quant à la chose qui est ici en question , avec l’adjectif licht qui signifie clair ou lumineux".
Je me souviens du jour où j’ai lu ces lignes pour la première fois : c’était à la bibliothèque de la faculté de philosophie, ici à Tübingen, située près du Stift et de la tour Hölderlin. Au seizième siècle, Melanchton enseigna le grec et le latin dans cet imposant bâtiment surplombant le Neckar. La bibliothèque est installée dans les deux étages supérieurs, et j’étais assis, comme d’autres jours, à une table placée à côté d’une fenêtre donnant sur l’allée des platanes. C’était l’hiver, un jour ensoleillé, et la lumière vive éclairait l’écorce beige et blanche des arbres centenaires : comment ne pouvais-je pas rapprocher, malgré moi, l’idée d’ouverture et de liberté exprimée par le verbe lichten avec cette lumière d’hiver tellement pure ? J’étais heureux de lire que Heidegger, après avoir écrit que "ce qui est licht au sens de libre et d’ouvert n’a rien de commun... avec l’adjectif licht qui signifie clair ou lumineux", pensait malgré tout l’espace de cette rencontre qui n’était pas seulement d’ordre sémantique, parlant de la "possibilité d’une connexion profonde entre Lichtung et Licht", et ajoutant : "La lumière peut en effet visiter la Lichtung, la clairière, en ce qu’elle a d’ouvert, et laisser jouer en elle le clair avec l’obscur. Mais ce n’est jamais la lumière qui d’abord crée l’Ouvert de la Lichtung ; c’est au contraire celle-là, la lumière, qui présuppose celle-ci, la Lichtung".
Pour Heidegger, la philosophie depuis Platon, même lorsqu’elle prétend aller "à la chose même" (zur Sache selbst), ne sait rien de l’Ouvert et de sa clairière. La lumière pourtant, aussi bien le lumen naturale, la lumière de la raison, surgit et se déploie dans l’Ouvert de la forêt, mais celui-ci n’est pas "pensé comme tel". C’est la source invisible de la lumière qui importe, et non l’espace physique dans lequel elle séjourne. Ce qui est dit ici de la philosophie est aussi vrai de la science, qui se préoccupe avant tout des causes des phénomènes et guère de l’espace général dans lequel ils s’inscrivent. Or le site, dans toute son ampleur, est précisément la Ur-Sache, la chose première.
Que Goethe soit cité par Heidegger dans ce contexte de réflexion philosophique à forte valeur poétique est évidemment significatif. Une des maximes de Goethe retient son attention : "Qu’on n’aille rien chercher derrière les phénomènes : ils sont eux-mêmes la théorie". Phrase simple, claire, limpide, mais qui implique un tout autre rapport aux choses et une tout autre conception de la connaissance que ceux développés par nombre de nos penseurs et savants modernes .
Goethe a voulu mettre en pratique l’idée d’une observation poétique des phénomènes. Très tôt, il a quitté la ville pour s’installer à la campagne, à Weimar. Dans son texte Histoire de mes études de botanique, il est revenu sur son engouement pour le monde de la forêt et des champs et pour la vie végétale. C’est que si les philosophes peuvent oublier le site, ce que Heidegger appelle la "libre clairière de l’Ouvert", il est fréquent que les poètes se concentrent sur les subtilités de la langue, et ainsi perdent le monde. "Né et élevé dans une ville importante, j’acquis ma première formation dans l’effort fourni pour apprendre les langues anciennes et modernes ; des exercices de rhétorique et de poétique y furent adjoints de bonne heure... Je dois également à de grandes villes ma formation ultérieure, et il s’ensuit que mon activité spirituelle devait se consacrer à la vie en société et à son éthique, et par suite à ce domaine agréable que l’on nommait autrefois les belles-lettres". Cette formation ne pouvait lui permettre d’avoir une connaissance de l’histoire naturelle ("... de ce qui est réellement la nature extérieure, je n’avais aucune idée, et pas la moindre connaissance de ce qu’on appelle ses trois règnes").
C’est à ce moment de sa formation que Goethe commence à publier ses premiers textes poétiques, qui, pour être brillants sur le seul plan littéraire, le laissent toutefois visiblement insatisfait, coupés qu’ils sont justement de la vie authentique, et éloignés d’une réelle expérience du monde naturel : "On peut y trouver çà et là l’écho d’un plaisir passionné ressenti devant les objets de la nature champêtre, ainsi qu’un grave et pressant besoin de connaître le mystère immense qui se fait jour dans une création et une destruction incessantes - encore que cette impulsion semble se perdre dans une rêverie obscure, imprécise et insatisfaite". A ces poèmes pastoraux manquait une vitalité véritable, acquise au contact avec les choses que Goethe allait observer dans la forêt de Thuringe, qui, dès son arrivée à Weimar, s’offrit à lui comme un territoire vierge de l’esprit, territoire à explorer patiemment : "C’est ici que la forêt de Thuringe ouvrit largement devant nous ses vastes étendues ; car non seulement les belles possessions du prince nous étaient ouvertes, mais aussi, grâce aux bons rapports de voisinage, tous les territoires qui les jouxtaient ; d’autant plus que la géologie à ses débuts s’efforçait avec une ardeur juvénile de rendre compte de la nature du sol et du sous-sol sur lesquels ces antiques forêts avaient poussé. Les conifères de tout genre, avec leur vert profond et leur parfum balsamique, les hêtraies d’aspect plus gai, le bouleau flexible et les broussailles anonymes, tout avait cherché et trouvé sa place. Et nous, nous avions de tout cela vue d’ensemble et connaissance, dans des forêts qui s’étendaient sur des lieues et des lieues..."

Dans L’identité de la France, Fernand Braudel parcourt des paysages et des régions dont la diversité fait douter de la pertinence de la notion d’identité pour aborder la France et son histoire ; il part de la géographie du pays et s’appuie toujours sur les données qu’elle nous fournit, données qui, à un esprit un peu libre, paraissent surprenantes et dépaysantes, et le rendent bientôt conscient du caractère contingent et souvent illusoire de tout cadre identitaire.
Dans un chapitre de son livre notamment, l’historien s’attarde sur l’espace forestier, cadre d’une histoire rien moins qu’institutionnelle : la forêt sous l’Ancien Régime est ainsi qualifiée par Braudel de "monde à l’envers" où se retrouvent les bandits et les hors-la-loi. "La forêt près des villages, écrit-il, accueillante aux délinquants, abrite traditionnellement les faits et gestes des faux-sauniers, souvent des soldats désobéissants auxquels des paysans complices ont prêté des chevaux et dont l’aventure consiste à passer, aussi vite et discrètement que possible, d’une forêt protectrice à la forêt voisine". On peut aussi s’ensauvager lentement au milieu des arbres. Pour échapper aux pilleries, des villageois de Lorraine, pendant la guerre de Trente Ans, devinrent des "loups des bois".
A vrai dire, de tels phénomènes d’ensauvagement communautaire s’étaient produits bien avant le dix-septième siècle, sous la forme de bagaudes que n’évoque pas Braudel. De l’écroulement de l’Empire romain, on connaît les causes "externes", les barbares venus d’au-delà du limes, et qui pendant plusieurs siècles feront des incursions dévastatrices à l’intérieur de l’espace "civilisé". Mais à l’intérieur même de cet espace - surtout en Gaule -, il y eut aussi ceux que les contemporains habitant les villae et les campagnes considéraient comme des sauvages. La villa est une unité d’exploitation des hommes et des terres, et la campagne la zone des champs cultivés (ager) ; ensemble, elles composent la zone civilisée, en opposition au monde sauvage que représente la silva, la forêt, où se retrouvent, à partir du troisième siècle de notre ère, des esclaves en fuite, d’anciens colons, d’anciens maîtres aussi, des nomades et des émigrants, mais aussi des moines "sauvages", tous hommes en rupture de lien social. Or ce sont eux - en excluant les moines... - qui vont mener une guerre incessante contre les campagnes et les villes, guerre intérieure accompagnée par les invasions barbares qui font rage au troisième siècle.
Les bagaudes se sont constituées à la suite d’un reflux de la servitia rurale vers la forêt. Puis dans un deuxième temps les nouvelles communautés forestières ont commencé à surgir dans les campagnes et jusqu’aux limites des cités, cités affaiblies par les attaques des Alamans et des Francs, qui dévastèrent la Gaule entre 252 et 278, et purent être cependant repoussés jusqu’au cinquième siècle au-delà du Neckar. Et c’est cette ancienne paysannerie qui, regroupée et organisée selon un ordre militaire, aurait à son tour pillé, saccagé les propriétés de leurs anciens maîtres, allant, sous les ordres de petits seigneurs devenus brigands, jusqu’à tenter de prendre l’Empire. Les deux fronts - bagaudes et bandes barbares - furent attaqués en 285 par Maximien, nommé par le nouvel empereur Dioclétien. Il ira jusqu’à Mayence, puis au-delà du Rhin pour mener quelques campagnes victorieuses contre les Francs et les Alamans. Mais les bagaudes ne cesseront pas de sitôt de faire parler d’elles, et survivront à de nombreuses expéditions punitives impériales.
Le mot "bagaude" pourrait signifier en gaulois ou dans d’autres langues celtiques "homme des bois", "sauvage", "vagabond", ou encore "fugitif". L’idée d’échapper à un ordre social ennemi pour aller vivre dans un lieu écarté impénétrable comme pouvaient l’être les forêts de Gaule dans les premiers siècles de notre ère, cette idée, je dois bien l’avouer, m’a toujours séduit. Qu’elles soient réelles ou inventées, ces échappées, je n’ai cessé de relever leur existence ou leur possibilité, qu’ils s’agissent des bandes organisées des chouanneries réfugiées au fond des forêts de Bretagne telles que Victor Hugo les met en scène dans Quatre-vingt-treize, de la communauté des fugitifs apparaissant à la fin de Fahrenheit 451 de Bradbury, rassemblés dans le même refus d’une société sans livres et aliénée par les moyens de contrôle audiovisuels, ou bien, celle-ci ô combien réelle et qui n’est pas sans me donner de l’espoir dans cette époque qui ouvre devant elle de nombreux abîmes, la société nouvelle mais encore fragile des indiens du Chiapas, et dont la force me paraît être, contrairement aux armées bagaudes des troisième et cinquième siècles, de ne pas organiser de razzias autour d’elle, et de ne pas vouloir s’emparer du pouvoir.

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