Le site des cabanes et de la vie dans les bois

| Accueil
Le recours aux forêts

Le vagabond, sac au dos, ne fait pas tout à fait partie de l’espèce humaine. Ses frères d’hier observent avec une curiosité incrédule et goguenarde ce lointain cousin, bipède humanoïde, parti d’ici pour aller ailleurs, sans véhicule à moteur. Non que la démarche soit inconnue ; au contraire, elle serait de plus en plus pratiquée, mais dans des conditions bien codifiées : en famille ou en groupe, à dates fixes, fins de semaine et vacances d’été, sur des circuits à la progression balisée - de la promenade en boucle dans la région de résidence au lointain trekking dans le désert de Gobi, en passant par les incontournables tours du Mont-Blanc et chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, véritable autoroute du Sud du randonneur.

"Voilà le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou. Ce monde, je veux un jour l’explorer plus complètement. J’aimerais connaître des hommes comme Mario, Paddy ou Bill le mendiant non plus au hasard des rencontres, mais intimement." George Orwell, Dans la dèche à Paris et à Londres, 1933.

Errants et vagabonds sont des termes génériques utilisés pour désigner la population nomade. Les mots viennent du Moyen ge (mendiant, de mendicare, "demander l’aumône", date du XIIe siècle ; vagabond de vagabundus, "errer"). Mendicité et vagabondage constituent des délits. À ces termes, le XIXe siècle ajoute "chemineau" (1853), "celui qui parcourt les chemins", et "trimardeur" (1894), de "trimer" qui veut dire "cheminer".

Au cours du XIX siècle, le monde de l’errance croise celui du travail. Vagabonds et ouvriers employés à la tâche fréquentent les mêmes "garnis". On parle des "miséreux" et des "loqueteux". Comment éliminer les populations errantes des rues ? Comment "nettoyer" la société des "vicieux" (les pauvres qui mendient ou se déplacent à la recherche d’un travail payé à la tâche) seront des questions clés. S’agit-il de les "assister", de les "accuser" ou de les "expulser" ? De leur venir en aide ou de les obliger à travailler ? Une dialectique de la richesse et de la pauvreté préoccupe les plus humanistes des penseurs sociaux et les philosophes. L’enrichissement irait-il de pair ou non avec un appauvrissement, avec l’indigence d’une partie de la population - d’un mot, avec le "paupérisme" (terme utilisé à partir de 1823).

Le mot a aussi une autre signification née aux USA. Nés à la fin du XIXe siècle sur les décombres de la crise économique dans une Amérique qui jetait, déjà, ses milliers de chômeurs dans la rue, les hobos sillonnaient les Etats en quête de chantiers pour travailler, de trains pour se déplacer, d’emplois pour exister sur le plan social et pour survivre sur le plan financier. Dès 1923, dans son ouvrage Le Hobo, sociologie du sans-abri, Nels Anderson notait qu’une culture libertaire sous-tendait ce mode de vie bohème. Le hobo n’est pas qu’un chômeur ou un travailleur nomade : c’est aussi un jouisseur de la vie, un rescapé du romantisme. On en oublierait presque que le temps de l’errance est également un temps de déviance, de rejet et, souvent, de souffrance. Un temps qui peut nous faire croire que tout est possible... Le hobo n’est pas le travailleur mais l’oisif, celui qui met son temps au service de la vie et non du labeur. Nourri d’un imaginaire puissant marqué notamment par la figure d’un Jack London, il représente surtout un pionnier, un éclaireur, découvreur potentiel d’un hypothétique Far West. Rien d’étonnant si tous les aventuriers originaux en mal d’ancêtres, mais aussi certains ethnologues, militants ou touristes soucieux de se démarquer revendiquent l’héritage du hobo. Ils lui attribuent le statut envié de " vrai " voyageur, de modèle idéal - celui que généralement, par peur ou manque de courage, on ne parviendra pas à imiter... - du nécessaire détachement de nos attaches aliénantes, qu’elles soient matérielles ou affectives.

Des " vagabonds du rail " (London) aux " nomades du vide " (Chobeaux), en passant par les " clochards élégants " (Kerouac), l’univers de l’errance prend de nouvelles formes. Non pas là où les utopistes l’avaient prévue, à l’extrême pointe de la société occidentale, mais dans ses marges, sur ses bords.

Certains créent des Zones autonomes temporaires : Hakim Bay l’auteur de ce concept écrit : "Nous qui vivons dans le présent, sommes-nous condamnés à ne jamais vivre l’autonomie, à ne jamais être, pour un moment, sur une parcelle de terre qui ait pour seule loi la liberté ? Devons-nous nous contenter de la nostalgie du passé ou du futur ? Devrons-nous attendre que le monde entier soit libéré du joug politique, pour qu’un seul d’entre nous puisse revendiquer de connaître la liberté ? Je crois qu’en extrapolant à partir d’histoires d’" îles en réseau ", futures et passées, nous pourrions mettre en évidence le fait qu’un certain type d’"enclave libre " est non seulement possible à notre époque, mais qu’il existe déjà." Le vagabondage dans les TAZ est d’abord psychique : Devoir habiter une époque où la vitesse et le "fétichisme de la marchandise" ont créé une fausse unité tyrannique qui tend à brouiller toute individualité et toute diversité culturelle, pour qu’"un endroit en vaille un autre". Ce paradoxe crée des "gitans", des voyageurs psychiques poussés par le désir et la curiosité, des errants à la loyauté superficielle (en fait déloyaux envers le "Projet Européen" qui a perdu son charme et sa vitalité) ; détachés de tout temps et tout lieu, à la recherche de la diversité et de l’aventure... Cette description englobe non seulement toutes les classes d’artistes et d’intellectuels, mais aussi les travailleur émigrés, les réfugiés, les SDFs, les touristes, la culture des Rainbow Voyagers et du mobile-home, ou ceux qui "voyagent" à travers le Net et qui ne quittent peut-être jamais leur chambre (ou ceux qui, comme Thoreau, "ont beaucoup voyagé - en Concord").

D’autres créent des laboratoires de tourisme expérimental afin d’aller là où ils n’iraient jamais : week-end dans des grandes surfaces, dans des banlieues, création de cartes et de nouveaux chemins.

Moins nombreux sont ceux qui explorent le monde du mouvement. Ils le font car celui des sédentaires n’a plus rien à leur offrir. Les lieux n’ont plus aucune existence en eux-mêmes et ne valent que comme points de rencontre. A force de dé-territorialisations, la société occidentale n’est plus qu’un espace neutre, homogénéisé. Il suffit de quelques heures pour aller d’un endroit à l’autre de la terre, mais ces deux points sont identiques, mais derrière les autoroutes, un nouveau nomadisme se met en place. Ils vivent souvent depuis plusieurs années une vie vagabonde, à pied, à roulotte ou en camion. Le nomadisme est pour eux l’expérience d’un mode de vie différent, plus libre, dégagé des contraintes de la société. Pour vivre ils exercent des métiers itinérants : artistes, artisans et forment une véritable microsociété.

Face à ces différents types de quête, il existe un autre type de nomadisme, intégré dans nos sociétés : le mouvement des camping-cars. Des milliers de retraités nomades voyagent, de lieux, en lieux, drainés et canalisés par des centres d’attraction ou des points d’échange commerciaux ou culturels. Les grandes tendances sociologiques montrent une forte évolution des loisirs individuels vers des loisirs actifs bénéficiant de la réduction du temps de travail. Ensuite, la vague des loisirs verts, l’augmentation de la durée de la vie, l’arrivée à maturité de la génération du baby boom, l’engouement plus que conjoncturel pour les loisirs de "proximité" au détriment de voyages plus lointains, tout ceci constitue une série de nouveaux atouts pour le mouvement des camping-cars qui ne fait que grandir.

12 commentaires
  • > Les vagabonds 29 juin 2005 18:11

    Le plus fort de tous, le saint patron des pelerins et des vagabonds :

    Benoît Joseph Labre est un saint de l’Église catholique, né le 26 mars 1748 à Amettes dans l’Artois, et fêté le 16 avril.

    Aîné des quinze enfants de paysans aisés d’Amettes (Pas-de-Calais), Benoît-Joseph Labre, né le 26 mars 1748, après avoir fréquenté l’école de son village, fit quelques études auprès d’un de ses oncles paternels, curé de Erin ; attiré par la prière et la solitude, il voulut d’abord être trappiste, mais devant l’opposition de sa famille, il renonça.

    Passé en Italie, il comprit que Dieu l’appelait à la solitude totale et, dans une pauvreté absolue, il entreprit un vaste pélerinage de plus de 30000 km à travers tous les lieux vénérés d’Europe, sans autre possession que sa Bible. Il passa les six dernières années de sa vie à Rome, dans les ruines du Colisée ; Il mourut le Mercredi Saint, 16 avril 1783. Béatifié par Pie IX en 1860, il est canonisé par Léon XIII le 8 décembre 1881.

    Répondre

  • > Les vagabonds 25 novembre 2005 01:03, par psychedelic

    salut ..je terouve que c’est un excellent site, riche et assez complet sur le vagabondage et vous avez donnez un terme aux gens qui vivent sur la marge de la vie et qui sont rejetés par la société ainsi sur l’origine de ce terme bien détallié..bravo bon continuation

    Répondre

  • Trace ta route 8 octobre 2006 18:45, par Le Junkie

    Ne vous y trompez pas messieurs-dames les utopistes, le vagabondage est à classer dans la catégorie des drogues dures. Sa fait maintenant deux ans et demi que je me suis fait mon premier road trip, j’avais bien avant cela tenter diverses expériences de quelques jours pas loin de chez moi, mais rien de comparable avec le premier "road trip". Sac au dos, 17 ans, 20 euros en poche, un bon duvet, une gamelle, on tend le pouce et youp la boom c’est partit mon kiki ! Premières nuits seul à la belle où on dort mal voir pas du tout, premières grosses galères de tunes et donc premières tapages de manche, premières maux de bide, crise de faim violentes. Au début faut vraiment en vouloir, tel celui qui commence à claquer ses douilles, s’explose la gorge et les poumons pour avoir sa maxi défonce, la défonce c’est l’euphorie que provoque la liberté, liberté qui vaut toute contrepartie car impossible de la toucher lorsque l’on demeure sédentaire. On passe une sale nuit, mais le lever de soleil sur le paysage grandiose pour lequel on a marcher la veille dans l’obscurité vous pète la tête ! Les premiers oiseaux font leur apparitions, écureuils dans les arbres, petit lapins vagabondant, ciel immense et majestueux, on se souvient de tout ce qu’on a vécu hier et on se dit que sa va encore être une putain de journée. On reprend le fardeau sur ses épaules, déjà il est moins lourd que la veille au soir, on se trouve une boulangerie, dévore sa baguette toute tiède devant un café et pof c’est repartit, marche, stop, marche, stop selon l’humeur. A travers champs, au bord de l’eau, petit village, sur une pauvre route, à la montagne, en forêt, dans une grande ville, devant un quelconque péage d’autoroute, perdu au milieu de nulle part, j’en passe et des meilleurs, on peut croiser tout sa dans la même journée, avançant avec ou sans but. On plane, on sifflote, on délire seul sur la route, on pense, on cogite sur soi et sa vie, puis au bout de quelques jours, une semaine, la vie qu’on à laisser chez soi commence petit à petit à s’effacer, doucement on fait silence dans sa tête, on regarde autour de soi la beauté qu’est la création, on écoute le vent dans les arbres, le bruit de l’eau, le bourdonnement des insectes volant... Il se passe bientôt un mois, on à rencontré des gens, on est passer par les plus beau paysages qu’on à vu dans sa vie, on a chopé un mode de fonctionnement sur la route qui fait qu’il y a toujours dans son sac (qui est devenu une partie de soi) de quoi manger pour plusieurs jours, dans sa poche toujours au minimum 10 euros, les nuit à la belle étoile plus confortable que dans un lit, on à vécu des galères qui permettent d’ appréhender les nouvelles sans se prendre la tête, on est serein, libéré de tout, en harmonie avec soi et la nature, et enfin l’on peut se consacrer pleinement au moment présent, hier comme un rêve, demain inimaginable. Au bout d’un mois et demi, deux mois, pour X ou X raison on rentre chez soi, changer, heureux, serein avec la blinde de truc à raconter. Etrange sensation qu’est le retour, euphorique d’abord de revoir sa mère, sa famille, ses potes, sa ville, son appart, et tout ses ptit trucs qui font partie de la "réalité", tout le monde est content, puis deux semaines se passe, on se rend compte que rien à changer, que les gens qui font partit de votre vie sont les même, et surtout, surtout, que rien ne bouge. La vision de son ptit monde change considérablement, l’euphorie du retour est passé, peut être même qu’un peut de nostalgie fait son apparition, quoi que vous fassiez, travail, école, glandage, tout cela devient quelque peu fade et au bout de quelque temps on ne se sent pas bien du tout, l’envie de se refaire un road trip commence à apparaître, sensation de manque messieurs-dames. Là, y a deux solution, soit on attend que sa passe et les deux mois sur la route deviennent un putain de souvenir, petite source de chaleur, de réconfort dans les moments craignoss, soit on envoi balader toute ses entreprises pour se construire une vie sociale digne de se nom, et l’on décide de se consacrer pleinement au vagabondage. Perso j’ai tout envoyer chiez, petit stress avant la représentation et youp la boom je me suis mit à re triper sévère, c’est à ce moment là que sa devient vraiment kiffant, parce que la deuxième fois qu’on part on est carrément mieux préparer, et le trip n’en devient que plus savoureux, on s’ouvre de nouvelles perspectives, on apprend à mieux saisir l’instant, on retrouve petit à petit cette plénitude, ce bonheur, cette paix intérieur qu’on à perdu en rentrant chez soi et à nouveau on change, on grandit, on évolue, on devient le kamé de la route, qui vit son trip à 200 km/h, et quesque c’est bon ! Explosion de sensations, hallucinations sur le monde qui défile devant vos yeux, nouveau gens, nouveaux paysages, nouvelles expériences, nouvelles surprises... C’est là que le concept de drogue dure fait son apparition, parce que la deuxième fois qu’on rentre chez soi, il ne suffit que de quelques jours pour que la stabilité des sédentaires devienne insupportable, et privé de liberté on est plus bien du tout, alors on repart vite fait bien fait, et de nouveau sur la route, l’imagination commence à fleurir, la liberté commence à faire partie intégrante de soi, le bonheur et la plénitude de même, mais l’esprit lui, commence à voir plus grand. L’expérience acquise, rend le trip trop confortable, et par manque de galère on avance moins vite, alors on passe la frontière, sac au dos et sans le sous, et au bout de plusieurs pays limitrophes la perception du caillou qu’est la planète commence à changer, on en veut plus, on veut aller plus loin, pousser l’expérience, trouver des limites, des sensation forte semblable à celle des premiers jours, à ce moment là c’est le non retour. On vas droit devant, le plus loin possible, pour moi se fut jusqu’à Istanbul, on revient tout retourné, on repars dans les coins de France encore inexploré, on pars plus au sud, on va plus au nord, toujours en vagabond, avec de l’argent ya pas la même saveur, et petit à petit on se marginalise, la vie de sédentaire parait de plus en plus glauque, la réalité du travail consomme et crêve de plus en plus inconcevable, deux semaines au même endroit sa devient le pétage de câble, tel un courant d’air insaisissable... Libéré de la consommation, libéré de l’état, (un peu dépendant des autres pour la manche tout de même), libéré des idées préconçue, le petit soi souvent entrain de se remettre en question, l’esprit qui s’ouvre s’ouvre et s’ouvre encore, sans limite, et puis sa devient bizarre... Faudra demander pour avoir la suite.

    Répondre

    • > Trace ta route 7 novembre 2006 20:58

      salut à toi Le Junkie, voila je me présente , je m’apelle Marie et suis étudiante en sociologie. Je commence un mémoire sur le vagabondage justement et ton témoignage est tout à fait interressant. Je me demandais si peut-être nous pourrions approfondir certaines choses par mail ou peut-être même que nos routes pourraient se croiser, qui sait ? Marie.

      Répondre

      • > Trace ta route 8 novembre 2006 15:11

        je me permets tout simplement de me glisser dans le discours et profite pour dire qu il existe un livre qui s’intitule:introduction à la sociologie du vacabondage d’alexandre vexliard voilà pour l information bon travail

        Répondre

      • > Contact 26 novembre 2006 00:28, par Le Junkie

        Bien le bonjour Marie, voyons voir... étudiante en sociologie, mémoire sur le vagabondage... cool ! Si ma jeune expèrience peut te rendre service eh bien avec plaisir chere inconnue. Voici mon e-mail ; themisterben@hotmail.fr

        Répondre

        • > Contact : oyé, où-es-tu ? 7 juillet 2007 13:55, par Marie-Xa (sociologue)

          alors pas de nouvelle bonne nouvelle...où-en-es-tu ?Tu n’as plus de mail ? alors peut-être par ce biais tu pourras me répondre... à trés bientôt j’espère et bonne route ! Marie-Xa la sociologue ! mariexa1980@hotmail.com

          Répondre

      • > petiit spectateur du mnde 30 mai 2007 22:34, par christophe perez ou sunkawakan(terme sioux)

        salut marie je te laisse mon adresse electronique chrisperez@laposte.net pour echanger nos visions du nomadisme.je me presente j ais pris la route il y a plus de10 ans maintenant et obtient maintznant 28 ans par mont et fret mon projet de savoir re vivre avec l aide de son environnement naturels s affine et se paufine j ais commence par l urbanisme la zone la manche la defonce et aujourd hui je suis dans un delire de marche a itinerancec chhronique je deambule selon les saisons le tout a pied souvent seul mais accompagner d animaux a ordre affectif et utilitaires une chevre pour le lait et fromage poule et les ane pour le matos qui m est necessaire pour vivre et continuer cette rout des chien pour pote et protection contre l humain usurpateur.beaucoup de voyage se sont fait ainsi en europe et ailleurs prochaine destinatios l inde .peut etre me faudra t il ma vie restante pour y parvenir.je ne cocoit plus l arret me stopper dans une contre la sedentarite m accable et me fait peur.si tu veux echanger pls d idee avec moi ce sera avec plaisir et surement tres enrichissant pour moi egalement.merci tof

        Répondre

    • Et ouais !?! 26 juin 2007 09:39, par alanvert

      hola,el junkie je voulais juste dire que ce que tu vis,je le vis aussi sauf que en ce moment je suis dans la phase GROSSE crise de manque.Ne pouvant bouger de chez wam (assigné à résidence)je n’ai plus qu’a me projetter dans l’avenir afin d’organiser mon nouvel envol.On me qualifie souvent d’anarchiste parce que je n’accepte pas que l’on m’impose des contraintes,je m’en impose seul des contraintes ; voyager sans argent en est une mais la manche au bout d’un moment ça gave. C’est pour ça que tu peux exercer un métier qui apporte quelque chose aux autres.Je me suis poser plusieurs questions tout d’abord qu’est ce qui m’es indispensable à moi et aux autres ? Qu’es qui m’apporte quelque chose quand je lui fait du bien et qui ne me donnera en récompense que le fruit de mon propre travail ? La réponse m’est apparue plus qu’évidente la nature bien sûr !! Fait du bien à un arbre il te le rendra au centuple. Quelque soit la région du monde où tu voudras aller il y aura toujours à apprendre sur le sujet,tes rencontres(à moins que tu sois plus du genre urbain) mon projet n’est pas grand mais il est utile et surtout ITINERANT.Pour l’instant les choses se mettent en place doucement mais tout vient à point...

      Vivement que je reprenne une bonne dose.Bons voyages à tou(te)s !!

      Répondre

  • "Sans domicile", un extrait de La Pratique Sauvage de Gary Snyder

    Pour les bouddhistes, le terme "sans domicile" désigne un moine ou un prêtre (en japonais, shukke : littéralement "hors de la maison"). Le terme se réfère à quelqu’un qui a, dit-on, laissé derrière lui sa vie de chef de famille, les tentations et obligations du monde profane. Une autre expression, "quitter le monde", signifie se détacher des imperfections liées au comportement humain et plus particulièrement accentuées par la vie urbaine. Cela ne signifie pas que l’on prenne ses distances vis-à-vis du monde naturel. Cela a conduit certains à vivre en ermites de montagnes ou dans des communautés religieuses. On a troqué la "maison" contre les "montagnes" ou la "pureté". En développant une plus large perspective du monde des sans-domicile, le poète du Ve siècle Zhiang-yan dit qu’un bon ermite devrait "prendre les cieux pourpres pour cabane, la mer qui l’entoure pour point d’eau, tonnant de rire dans sa nudité, marchant en chantant, cheveux au vent". Le poète du début de la période Tang, Han-shan, est considéré comme le véritable modèle du reclus ; sa maison spacieuse touche l’extrémité de l’univers.

    Depuis que j’habite à Han-shan, Combien de dizaines de miliers d’années ont passé ? Suivant mon cours, retiré dans la forêt près d’une source, Je déambule, me repose et contemple à ma guise La falaise est froide, les hommes ne viennent pas Les nuages blancs sans cesse s’amoncellent Les herbes tendres pour couverture, Joyeux, la tête sur une pierre, Je laisse ciel et terre poursuivre leur changement.

    Répondre

    • Poême 28 novembre 2006 11:09, par El junkie

      Quand je marche sur un sentier de montagne je ne suis pas seul, Gaïa me tient compagnie. Quand je me couche sur un tapis d’herbe tiède je ne suis pas sans abris, le ciel étoilé est mon plafond ; immense et merveilleux. Dans la maison véritable de Dieu, je me sent roi.

      Benjamin

      Répondre

  • Les vagabonds 23 mars 2008 01:04, par L’évolutionnaire

    On ne peut briser le system de l’extérieur, on ne peut vivre dans le system sans faire de concession et dieu qu’il est difficile de faire des concessions lorsqu’on est un jeune extrémiste de vingt ans. Les bombes, les armes, la destruction et le chaos ne peuvent pas résoudre le problème, bien au contraire ils sont un frein a toutes véritables évolutions, ce n’est pas en détruisant des édifices ou en tuant son voisin que l’on change le monde, on change le monde en allant de l’avant. Combattre l’arme au point est un fantasme que je cultive depuis trop longtemps et si je peine à m’en débarrasser, c’est que j’ai trop considéré le conflit comme étant la seule manière de faire bouger efficacement les choses. Aujourd’hui je pense encore au pouvoir des bombes, du sabotage et de la résistance, mais si je commence à imaginer l’avenir à partir d’un point semblable alors je ne vois rien qui ressemble à de l’espoir, de la beauté ou du bonheur, tout au contraire.

    Allez vivre au cœur d’un gigantesque espace sauvage durant quelque temps pour retrouver un peu de l’harmonie que connurent jadis mes frères, avec la terre ; survivre sans dépendre du monde moderne, afin de faire un royal fuck au system de surconsommation qui me destinais à devenir un incapable et un assisté ; apprendre au péril de ma vie à me nourrir et à me soigner avec la nature. C’est un peu tout cela qui me pousse à entreprendre ce voyage en Suisse, où le pseudo travail de jeune garçon au pair me permettra d’obtenir assez d’argent pour me payer un équipement durable et adapté à une longue mission de survie. Sac, chaussures, vêtements, duvet, bâche, corde, matériel de chasse et de pêche et diverses encyclopédies sur les plantes et champignons sauvages. Acquérir suffisamment d’expérience pour pouvoir un jour parcourir le monde sans plus toucher au moindre centime, sans plus avoir à mendier quoi que soit à personne, sans plus avoir à traverser la moindre ville d’importance. Acquérir suffisamment d’expérience pour avoir un jour le pouvoir de libérer mon prochain. Acquérir suffisamment d’expérience pour pouvoir dire un jour : « N’oublie jamais d’où tu viens, n’oublie jamais que partout où te guiderons tes pas il y aura toujours un peu de Mère pour te nourrir, te recueillir ou te ressourcer. Vas maintenant et que Gaïa te protége ! ». Finis la révolution, je passe à l’évolution.

    J’entrevois une vie d’errance où je pourrais chaque soir me coucher sur le ventre dénudé de ma véritable mère, l’estomac satisfait par son sein. Une vie faite de simplicité, de lenteur et de contemplation, où mes principales préoccupations seraient de me nourrir, de parcourir le monde et de m’épanouir par la nature et le partage. Je ne posséderai jamais plus qu’il m’est possible de porter sur mon dos d’homme. Je partagerai mon savoir, mes plantes médicinales ou hallucinogènes, ma joie de vivre, ma philosophie et mes croyances sans rien attendre en retour. Je charmerai les jeunes filles, amuserai les enfants et aiderai les anciens pour me remplir d’amour. Et si je dois mourir en homme libre, bien avant le consommateur, eh bien j’accepterai la mort en remerciant la terre et le soleil de m’avoir permis de vivre.

    « N’oubliez jamais d’où vous venez, n’oubliez jamais que partout où vous guiderons vos pas il y aura toujours un peu de Mère pour vous nourrir, vous recueillir ou vous ressourcer. Allez maintenant et que Gaïa vous protége ! ».

    Répondre

Faire un commentaire

© Le recours aux forêts 2009 - Fait avec SPIP - Administration et inscription - Crédits - RSS RSS