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	<title>Le recours aux for&#234;ts </title>
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	<description>Le site des cabanes et de la vie dans les bois</description>
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		<title>Le Forum &quot;Echanges et annonces&quot; autour des cabanes et de la vie dans les bois</title>
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		<dc:creator>Le recours aux for&#234;ts</dc:creator>


		<dc:subject>Cabanes</dc:subject>
		<dc:subject>Cabanes dans les arbres</dc:subject>

		<description>Ce forum est d&#233;di&#233; aux &#233;changes et anonces autour des cabanes. Dons et contres dons en forment l'esprit. e don se veut d&#233;sint&#233;ress&#233; et intemporel, cependant, pour faire honneur au don, la personne en b&#233;n&#233;ficiant fera un don en retour, qu'on appelle le contre-don. Il ne s'agit pas d'un acte d'&#233;change de valeurs puisque le receveur n'est pas tenu de rendre le don et la valeur des dons ne rentre pas directement en compte. Merci de laisser vos messages (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/rubrique.php3?id_rubrique=18" rel="directory"&gt;Les forums sur les cabanes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=13" rel="tag"&gt;Cabanes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=14" rel="tag"&gt;Cabanes dans les arbres&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton28-df092.jpg&quot; width='150' height='109' style='height:109px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce forum est d&#233;di&#233; aux &#233;changes et anonces autour des cabanes. Dons et contres dons en forment l'esprit. e don se veut d&#233;sint&#233;ress&#233; et intemporel, cependant, pour faire honneur au don, la personne en b&#233;n&#233;ficiant fera un don en retour, qu'on appelle le contre-don. Il ne s'agit pas d'un acte d'&#233;change de valeurs puisque le receveur n'est pas tenu de rendre le don et la valeur des dons ne rentre pas directement en compte.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Merci de laisser vos messages concernant tous les &#233;changes de points de vue, autour des cabanes et de leur construction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour envoyez une nouvelle annonce, cliquez sur : R&#233;pondre&quot;. Ne gardez pas le sujet &quot;Le forum Echanges et annonces&quot;. Mettez dans la rubrique &quot;sujet&quot; le sujet de votre annonce en quelques mots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'h&#233;sitez pas &#224; mettre votre adresse e-mail. Vous recevrez ainsi directement &#224; votre adresse toutes les r&#233;ponses des internautes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; un message : cliquez en bas de l'annonce sur : r&#233;pondre &#224; cette discussion&quot;. Vous pouvez dans le sujet pr&#233;ciser le sujet de votre message. L&#224; aussi n'h&#233;sitez pas &#224; laisser votre adresse mail. Vous recevrez directement les r&#233;ponses par courriel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les vagabonds</title>
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		<dc:date>2010-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Le recours aux for&#234;ts</dc:creator>


		<dc:subject>Vagabond</dc:subject>
		<dc:subject>Hakim Bay </dc:subject>

		<description>Le vagabond, sac au dos, ne fait pas tout &#224; fait partie de l'esp&#232;ce humaine. Ses fr&#232;res d'hier observent avec une curiosit&#233; incr&#233;dule et goguenarde ce lointain cousin, bip&#232;de humano&#239;de, parti d'ici pour aller ailleurs, sans v&#233;hicule &#224; moteur. Non que la d&#233;marche soit inconnue ; au contraire, elle serait de plus en plus pratiqu&#233;e, mais dans des conditions bien codifi&#233;es : en famille ou en groupe, &#224; dates fixes, fins de semaine et vacances d'&#233;t&#233;, sur des circuits &#224; la (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/rubrique.php3?id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Vagabondages&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=26" rel="tag"&gt;Vagabond&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=27" rel="tag"&gt;Hakim Bay &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton40-7f1df.jpg&quot; width='113' height='150' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vagabond, sac au dos, ne fait pas tout &#224; fait partie de l'esp&#232;ce humaine. Ses fr&#232;res d'hier observent avec une curiosit&#233; incr&#233;dule et goguenarde ce lointain cousin, bip&#232;de humano&#239;de, parti d'ici pour aller ailleurs, sans v&#233;hicule &#224; moteur. Non que la d&#233;marche soit inconnue ; au contraire, elle serait de plus en plus pratiqu&#233;e, mais dans des conditions bien codifi&#233;es : en famille ou en groupe, &#224; dates fixes, fins de semaine et vacances d'&#233;t&#233;, sur des circuits &#224; la progression balis&#233;e - de la promenade en boucle dans la r&#233;gion de r&#233;sidence au lointain trekking dans le d&#233;sert de Gobi, en passant par les incontournables tours du Mont-Blanc et chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, v&#233;ritable autoroute du Sud du randonneur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Voil&#224; le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou. Ce monde, je veux un jour l'explorer plus compl&#232;tement. J'aimerais conna&#238;tre des hommes comme Mario, Paddy ou Bill le mendiant non plus au hasard des rencontres, mais intimement.&quot;&lt;/i&gt;
George Orwell, &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt;, 1933.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Errants et vagabonds sont des termes g&#233;n&#233;riques utilis&#233;s pour d&#233;signer la population nomade. Les mots viennent du Moyen ge (mendiant, de mendicare, &quot;demander l'aum&#244;ne&quot;, date du XIIe si&#232;cle ; vagabond de vagabundus, &quot;errer&quot;). Mendicit&#233; et vagabondage constituent des d&#233;lits. &#192; ces termes, le XIXe si&#232;cle ajoute &quot;chemineau&quot; (1853), &quot;celui qui parcourt les chemins&quot;, et &quot;trimardeur&quot; (1894), de &quot;trimer&quot; qui veut dire &quot;cheminer&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours du XIX si&#232;cle, le monde de l'errance croise celui du travail. Vagabonds et ouvriers employ&#233;s &#224; la t&#226;che fr&#233;quentent les m&#234;mes &quot;garnis&quot;. On parle des &quot;mis&#233;reux&quot; et des &quot;loqueteux&quot;. Comment &#233;liminer les populations errantes des rues ? Comment &quot;nettoyer&quot; la soci&#233;t&#233; des &quot;vicieux&quot; (les pauvres qui mendient ou se d&#233;placent &#224; la recherche d'un travail pay&#233; &#224; la t&#226;che) seront des questions cl&#233;s. S'agit-il de les &quot;assister&quot;, de les &quot;accuser&quot; ou de les &quot;expulser&quot; ? De leur venir en aide ou de les obliger &#224; travailler ? Une dialectique de la richesse et de la pauvret&#233; pr&#233;occupe les plus humanistes des penseurs sociaux et les philosophes. L'enrichissement irait-il de pair ou non avec un appauvrissement, avec l'indigence d'une partie de la population - d'un mot, avec le &quot;paup&#233;risme&quot; (terme utilis&#233; &#224; partir de 1823).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mot a aussi une autre signification n&#233;e aux USA. N&#233;s &#224; la fin du XIXe si&#232;cle sur les d&#233;combres de la crise &#233;conomique dans une Am&#233;rique qui jetait, d&#233;j&#224;, ses milliers de ch&#244;meurs dans la rue, les hobos sillonnaient les Etats en qu&#234;te de chantiers pour travailler, de trains pour se d&#233;placer, d'emplois pour exister sur le plan social et pour survivre sur le plan financier. D&#232;s 1923, dans son ouvrage &lt;i&gt;Le Hobo, sociologie du sans-abri&lt;/i&gt;, Nels Anderson notait qu'une culture libertaire sous-tendait ce mode de vie boh&#232;me. Le hobo n'est pas qu'un ch&#244;meur ou un travailleur nomade : c'est aussi un jouisseur de la vie, un rescap&#233; du romantisme. On en oublierait presque que le temps de l'errance est &#233;galement un temps de d&#233;viance, de rejet et, souvent, de souffrance. Un temps qui peut nous faire croire que tout est possible... Le hobo n'est pas le travailleur mais l'oisif, celui qui met son temps au service de la vie et non du labeur. Nourri d'un imaginaire puissant marqu&#233; notamment par la figure d'un Jack London, il repr&#233;sente surtout un pionnier, un &#233;claireur, d&#233;couvreur potentiel d'un hypoth&#233;tique Far West. Rien d'&#233;tonnant si tous les aventuriers originaux en mal d'anc&#234;tres, mais aussi certains ethnologues, militants ou touristes soucieux de se d&#233;marquer revendiquent l'h&#233;ritage du hobo. Ils lui attribuent le statut envi&#233; de &quot; vrai &quot; voyageur, de mod&#232;le id&#233;al - celui que g&#233;n&#233;ralement, par peur ou manque de courage, on ne parviendra pas &#224; imiter... - du n&#233;cessaire d&#233;tachement de nos attaches ali&#233;nantes, qu'elles soient mat&#233;rielles ou affectives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Des &quot; vagabonds du rail &quot; (London) aux &quot; nomades du vide &quot; (Chobeaux), en passant par les &quot; clochards &#233;l&#233;gants &quot; (Kerouac), l'univers de l'errance prend de nouvelles formes. Non pas l&#224; o&#249; les utopistes l'avaient pr&#233;vue, &#224; l'extr&#234;me pointe de la soci&#233;t&#233; occidentale, mais dans ses marges, sur ses bords.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains cr&#233;ent des Zones autonomes temporaires : Hakim Bay l'auteur de ce concept &#233;crit : &quot;Nous qui vivons dans le pr&#233;sent, sommes-nous condamn&#233;s &#224; ne jamais vivre l'autonomie, &#224; ne jamais &#234;tre, pour un moment, sur une parcelle de terre qui ait pour seule loi la libert&#233; ? Devons-nous nous contenter de la nostalgie du pass&#233; ou du futur ? Devrons-nous attendre que le monde entier soit lib&#233;r&#233; du joug politique, pour qu'un seul d'entre nous puisse revendiquer de conna&#238;tre la libert&#233; ? Je crois qu'en extrapolant &#224; partir d'histoires d'&quot; &#238;les en r&#233;seau &quot;, futures et pass&#233;es, nous pourrions mettre en &#233;vidence le fait qu'un certain type d'&quot;enclave libre &quot; est non seulement possible &#224; notre &#233;poque, mais qu'il existe d&#233;j&#224;.&quot;
Le vagabondage dans les TAZ est d'abord psychique : Devoir habiter une &#233;poque o&#249; la vitesse et le &quot;f&#233;tichisme de la marchandise&quot; ont cr&#233;&#233; une fausse unit&#233; tyrannique qui tend &#224; brouiller toute individualit&#233; et toute diversit&#233; culturelle, pour qu'&quot;un endroit en vaille un autre&quot;. Ce paradoxe cr&#233;e des &quot;gitans&quot;, des voyageurs psychiques pouss&#233;s par le d&#233;sir et la curiosit&#233;, des errants &#224; la loyaut&#233; superficielle (en fait d&#233;loyaux envers le &quot;Projet Europ&#233;en&quot; qui a perdu son charme et sa vitalit&#233;) ; d&#233;tach&#233;s de tout temps et tout lieu, &#224; la recherche de la diversit&#233; et de l'aventure... Cette description englobe non seulement toutes les classes d'artistes et d'intellectuels, mais aussi les travailleur &#233;migr&#233;s, les r&#233;fugi&#233;s, les SDFs, les touristes, la culture des Rainbow Voyagers et du mobile-home, ou ceux qui &quot;voyagent&quot; &#224; travers le Net et qui ne quittent peut-&#234;tre jamais leur chambre (ou ceux qui, comme Thoreau, &quot;ont beaucoup voyag&#233; - en Concord&quot;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres cr&#233;ent des laboratoires de tourisme exp&#233;rimental afin d'aller l&#224; o&#249; ils n'iraient jamais : week-end dans des grandes surfaces, dans des banlieues, cr&#233;ation de cartes et de nouveaux chemins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moins nombreux sont ceux qui explorent le monde du mouvement. Ils le font car celui des s&#233;dentaires n'a plus rien &#224; leur offrir. Les lieux n'ont plus aucune existence en eux-m&#234;mes et ne valent que comme points de rencontre. A force de d&#233;-territorialisations, la soci&#233;t&#233; occidentale n'est plus qu'un espace neutre, homog&#233;n&#233;is&#233;. Il suffit de quelques heures pour aller d'un endroit &#224; l'autre de la terre, mais ces deux points sont identiques, mais derri&#232;re les autoroutes, un nouveau nomadisme se met en place. Ils vivent souvent depuis plusieurs ann&#233;es une vie vagabonde, &#224; pied, &#224; roulotte ou en camion. Le nomadisme est pour eux l'exp&#233;rience d'un mode de vie diff&#233;rent, plus libre, d&#233;gag&#233; des contraintes de la soci&#233;t&#233;. Pour vivre ils exercent des m&#233;tiers itin&#233;rants : artistes, artisans et forment une v&#233;ritable microsoci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; ces diff&#233;rents types de qu&#234;te, il existe un autre type de nomadisme, int&#233;gr&#233; dans nos soci&#233;t&#233;s : le mouvement des camping-cars. Des milliers de retrait&#233;s nomades voyagent, de lieux, en lieux, drain&#233;s et canalis&#233;s par des centres d'attraction ou des points d'&#233;change commerciaux ou culturels. Les grandes tendances sociologiques montrent une forte &#233;volution des loisirs individuels vers des loisirs actifs b&#233;n&#233;ficiant de la r&#233;duction du temps de travail. Ensuite, la vague des loisirs verts, l'augmentation de la dur&#233;e de la vie, l'arriv&#233;e &#224; maturit&#233; de la g&#233;n&#233;ration du baby boom, l'engouement plus que conjoncturel pour les loisirs de &quot;proximit&#233;&quot; au d&#233;triment de voyages plus lointains, tout ceci constitue une s&#233;rie de nouveaux atouts pour le mouvement des camping-cars qui ne fait que grandir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur les cabanes dans les arbres</title>
		<link>http://www.lerecoursauxforets.org/article.php3?id_article=57</link>
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		<dc:creator>Le recours aux for&#234;ts</dc:creator>


		<dc:subject>Cabanes</dc:subject>
		<dc:subject>Cabanes dans les arbres</dc:subject>

		<description>Tous les enfants r&#234;vent d'une cabane dans les arbres ? L'id&#233;e d'une cachette id&#233;ale, dominant les alentours, d'un repaire &#171; priv&#233; &#187; suffit &#224; transformer les parents en ing&#233;nieurs en maisons arboricoles. L'id&#233;e n'est pas neuve. Il y a longtemps, un peu partout dans le monde, des humains ont choisi de vivre dans les arbres pour se prot&#233;ger des pr&#233;dateurs et autres vermines venimeuses. En Polyn&#233;sie on continue encore de construire des maisons dans les (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=14" rel="tag"&gt;Cabanes dans les arbres&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L120xH150/arton57-136b6.jpg&quot; width='120' height='150' style='height:150px;width:120px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les enfants r&#234;vent d'une cabane dans les arbres ? L'id&#233;e d'une cachette id&#233;ale, dominant les alentours, d'un repaire &#171; priv&#233; &#187; suffit &#224; transformer les parents en ing&#233;nieurs en maisons arboricoles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e n'est pas neuve. Il y a longtemps, un peu partout dans le monde, des humains ont choisi de vivre dans les arbres pour se prot&#233;ger des pr&#233;dateurs et autres vermines venimeuses. En Polyn&#233;sie on continue encore de construire des maisons dans les arbres et en Amazonie des maisons sur pilotis. L'id&#233;e continue de fasciner m&#234;me les soci&#233;t&#233;s &#171; civilis&#233;es &#187;. L'empereur Romain Caligula s'est fait construire une cabane dans un arbre. La reine Victoria aussi en avait une b&#226;tie dans un Tilleul vieux de 600 ans ou elle prenait le th&#233;. Au si&#232;cle dernier &#224; Paris, on pouvait sortir d&#238;ner dans un restaurant construit dans un arbre. Ah, le chic Parisien est sans limites ! Ou est-ce que les humains conservent des instincts de primates ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, c'est aux USA, pays aux mentalit&#233;s encore bien juv&#233;niles, que se perp&#233;tue la plus solide tradition de maisons dans les arbres. Une rapide recherche sur Internet permet de d&#233;couvrir des sites commerciaux o&#249; l'on propose des &#171; treehouse &#187; pr&#233;fabriqu&#233;es selon divers mod&#232;les &#224; accrocher aux arbres ou sur pilotis. D'autres compagnies proposent des accessoires vari&#233;s qui vont du frigo au minuscule foyer pour les romantiques amoureux de la nature. Des auteurs ont r&#233;dig&#233; des bouquins d&#233;di&#233;s au sujet. En 1998 a m&#234;me eu lieu aux USA le second congr&#232;s mondial des constructeurs de maison dans un arbre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve aussi une liste de gens qui se sont construits de telles maisons. Avec une adresse e-mail et des photos &#224; l'appui. Il y en a de tous genres. Un t&#233;m&#233;raire professeur s'est construit une maison &#224; la cime des arbres, &#224; 60 pieds d'altitude. Ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se faire cambrioler ! D'autres sites expliquent les techniques de construction n&#233;cessaires pour ne pas blesser l'arbre et rendre sa maison s&#233;curitaire (un arbre, &#231;a bouge dans le vent ce qui complique les choses).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, le cin&#233;ma am&#233;ricain &#224; succomb&#233; &#224; l'attrait des maisons suspendues. Un &#233;pisode de StarWar pr&#233;sente un peuple de petits oursons (Les &quot;Ewoks&quot; interpr&#233;t&#233;s par des nains dans un costume de peluche !) vivant dans des arbres haut de 1000 m&#232;tres. Et pour cause : il leur faut &#233;chapper &#224; un pr&#233;dateur mesurant 30 m&#232;tres !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les productions Walt Disney ont adapt&#233; au grand &#233;cran le roman &#224; succ&#232;s &#171; The Swiss Family Robinson &#187; o&#249; une famille naufrag&#233;e se construit l'ultime maison perch&#233;e dans un arbre g&#233;ant. Le long-m&#233;trage a donn&#233; ensuite une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e du m&#234;me titre et plus r&#233;cemment une seconde intitul&#233;e &#171; The New Swiss Family Robinson &#187;. Tout r&#233;cemment encore, dans le &#171; Robin Hood, prince of thieves &#187; interpr&#233;t&#233; par Kevin Kostner, les hors-la-loi de la for&#234;t de Sherwood vivaient dans un village construit dans les arbres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, ce n'est pas d'hier que les maisons dans les arbres fascinent l'imagination... Il reste seulement &#224; esp&#233;rer que l'humanit&#233;, plut&#244;t que de raser les for&#234;ts de la terre, se d&#233;cidera &#224; aller vivre dans les arbres !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le confort de la cabane Dersou</title>
		<link>http://www.lerecoursauxforets.org/article.php3?id_article=62</link>
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		<dc:date>2010-01-01T10:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Schnoering</dc:creator>


		<dc:subject>Cabanes</dc:subject>

		<description>&#171; Avez-vous la paix, cet &#233;lan serein qui r&#233;v&#232;le votre pouvoir ? Avez-vous des souvenirs, ces lueurs en arcade qui coiffent les cimes de l'esprit ? Avez-vous la beaut&#233;, ce chemin qui conduit votre c&#339;ur &#224; travers les objets de bois et de pierre jusqu'&#224; la montagne sacr&#233;e ? Dites-moi, avez-vous tout cela dans vos maisons ? Ou plut&#244;t n'avez-vous rien d'autre que le confort, cet amour du corps pour le confort, qui rampe pour franchir votre porte en invit&#233; et (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/rubrique.php3?id_rubrique=13" rel="directory"&gt;Des exp&#233;riences de vie, des cabaniers...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=13" rel="tag"&gt;Cabanes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton62-27424.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_10 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Cabane_Dersou_1_-09d1f.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Avez-vous la paix, cet &#233;lan serein qui r&#233;v&#232;le votre pouvoir ? Avez-vous des souvenirs, ces lueurs en arcade qui coiffent les cimes de l'esprit ? Avez-vous la beaut&#233;, ce chemin qui conduit votre c&#339;ur &#224; travers les objets de bois et de pierre jusqu'&#224; la montagne sacr&#233;e ? Dites-moi, avez-vous tout cela dans vos maisons ? Ou plut&#244;t n'avez-vous rien d'autre que le confort, cet amour du corps pour le confort, qui rampe pour franchir votre porte en invit&#233; et devient votre h&#244;te, puis vous re&#231;oit en ma&#238;tre ? Et le voici dompteur qui, avec fourche et fouet, vous tire par les fils de vos amples d&#233;sirs pour en faire des pantins. Si sa main est de soie, son c&#339;ur est de pierre. Il vous berce jusqu'au sommeil uniquement pour rester devant votre lit et pour mieux railler la dignit&#233; de votre chair. Il se moque de vos cinq sens et, tels des vases fragiles, les d&#233;pose dans le duvet du chardon. En v&#233;rit&#233;, l'amour du corps pour le confort assassine la passion de l'&#226;me, puis marche en ricanant derri&#232;re son cort&#232;ge fun&#232;bre &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Khalil Gibran &#8211; Les maisons&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://meltingpot.fortunecity.com/upper/560/kg09.htm&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;http://meltingpot.fortunecity.com/upper/560/kg09.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_11 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Cabane_Dersou_4_-a8410.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand ils voient pour la premi&#232;re fois la &#171; cabane Dersou &#187;, cette maison sans cl&#233; ni cl&#244;tures perch&#233;e sur la montagne, mes amis s'exclament souvent : &#171; Mais ! Comment fais-tu sans confort ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'eau ? Il y en a &#224; profusion et gratuitement (m&#234;me pour les habitants) dans le village situ&#233; dans la vall&#233;e proche o&#249; jaillissent des sources d'eau pure. Il suffit d'en chercher quelques bidons. R&#233;guli&#232;rement, le ciel en d&#233;verse plus qu'il n'en faut pour remplir les r&#233;cipients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les toilettes ? Allez dans la for&#234;t. La terre et les bousiers recycleront ce que vous aurez recouvert d'humus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;lectricit&#233; ? Pour une veill&#233;e, l'&#233;clairage &#224; la bougie est magique, procure une d&#233;tente et pr&#233;pare au sommeil en douceur. Vous r&#233;apprendrez, tout naturellement, &#224; vous coucher peu de temps apr&#232;s la venue de la nuit et &#224; vous lever avec le jour. Comme les animaux, vous dormirez plus en hiver et moins en &#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le lit ? La planche du banc recouverte d'un mince matelas mousse s'entendra &#224; merveille avec vos vert&#232;bres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'espace ? Il est dehors. Toute la beaut&#233; du monde est l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les distractions ? Vous red&#233;couvrirez le plaisir de lire, &#233;crire, dessiner, observer, peut-&#234;tre photographier&#8230; Le chant des oiseaux, diurnes ou nocturnes, le chant ou le raffut des l&#233;rots, le brame du cerf, le vent, la pluie, ou tout simplement le silence, nettoieront votre esprit, minimiseront vos soucis. Vous aurez le plaisir d'accueillir d'autres randonneurs ou visiteurs et de passer un moment convivial avec eux. Contempler la pleine lune, les &#233;toiles, la belle montagne du Donon, illumin&#233;e par le lever et le coucher de soleil, on ne s'en lasse jamais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Cabane_Dersou_5_-f16fc.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le temps n'est qu'un ruisseau dans lequel je vais p&#234;chant. J'y bois ; mais tout en buvant, j'en vois le fond de sable et d&#233;couvre le peu de profondeur. Son faible courant passe, mais l'&#233;ternit&#233; demeure. Je voudrais boire plus profond ; p&#234;cher dans le ciel dont le fond est caillout&#233; d' &#233;toiles. Je ne sais pas compter jusqu'&#224; un. Je ne sais pas la premi&#232;re lettre de l'alphabet. J' ai toujours regrett&#233; de n'&#234;tre pas aussi sage que le jour o&#249; je suis n&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Henri David THOREAU&#8211; Chapitre : Ce pour quoi je v&#233;cus (page 97) &#8211; Walden ou la vie dans les bois. L'imaginaire Gallimard, 1922 pour la trad. Fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Se chauffer en hiver ? L'eau chaude ? Pour cela, vous apporterez, si possible, un peu de bois personnel auquel vous ajouterez &#233;ventuellement quelques morceaux de bois mort. Les b&#251;cherons ou d'autres visiteurs en laissent &#233;galement parfois quelques quartiers, qu'il en soient remerci&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'entretien (ce que l'on appelle couramment le m&#233;nage) : le sol de terre battue et de gravillons est &#171; auto-nettoyant &#187; ! Laissez tomber quelques miettes ou reliefs de repas, ils dispara&#238;tront comme par enchantement ! Les micro-organismes de la terre en dig&#232;reront sans probl&#232;me les miettes infimes, juste apr&#232;s le passage des souris ! Il n'y a jamais de mauvaises odeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres personnes, que l'on ne conna&#238;t pas, entretiennent &#233;galement la cabane, nettoient les vitres, d&#233;corent, r&#233;parent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, il est permis de respirer un air toujours pur !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_13 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Cabane_Dersou_6_-a60a0.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;i&gt;
&#171; L'air matinal ! Si les hommes ne veulent boire de cela &#224; la source du jour, eh bien, alors, qu'on en mette f&#251;t-ce en bouteille, et le vende en boutique, pour le profit de ceux qui ont perdu leur bulletin d'abonnement &#224; l'heure du matin du monde. Toutefois, rappelez-le-vous, il ne se conservera pas jusqu'&#224; midi tapant, f&#251;t-ce dans le plus frais cellier, et bien avant cela, fera sauter les bouchons ou s'en aller vers l'ouest sur les pas de l'aurore. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Henri David THOREAU&#8211; Chapitre Solitude (page 138) &#8211; Walden ou la vie dans les bois. L'imaginaire Gallimard, 1922 pour la trad. Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;D'autres citations :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort ! Arthur Rimbaud Extrait d' Une Saison en enfer&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous agissons toujours comme si le confort et le luxe &#233;taient essentiels &#224; notre existence, alors qu'il suffit pour &#234;tre r&#233;ellement heureux de trouver quelque chose qui nous int&#233;resse passionn&#233;ment. Charles Kingsley&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du lourd et du l&#233;ger</title>
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		<dc:date>2009-12-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Soum</dc:creator>


		<dc:subject>Cabanes</dc:subject>
		<dc:subject>Autoconstruction</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>

		<description>L'acte architectural, l'&#233;l&#233;vation de b&#226;timents dans l'espace, doit vaincre une contrainte de taille, la pesanteur qui tend &#224; ramener au sol tout ce que l'on voudrait dresser. Les diff&#233;rentes techniques pour r&#233;soudre ce probl&#232;me essentiel peuvent se r&#233;sumer &#224; deux, la lourde et la l&#233;g&#232;re. La premi&#232;re, la lourde, va consister &#224; passer en force : r&#233;aliser une bonne assise et empiler par-dessus. Le plus simple est le tumulus d'o&#249; d&#233;rive la pyramide : une base (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton39-c8a69.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'acte architectural, l'&#233;l&#233;vation de b&#226;timents dans l'espace, doit vaincre une contrainte de taille, la pesanteur qui tend &#224; ramener au sol tout ce que l'on voudrait dresser. Les diff&#233;rentes techniques pour r&#233;soudre ce probl&#232;me essentiel peuvent se r&#233;sumer &#224; deux, la lourde et la l&#233;g&#232;re. La premi&#232;re, la lourde, va consister &#224; passer en force : r&#233;aliser une bonne assise et empiler par-dessus. Le plus simple est le tumulus d'o&#249; d&#233;rive la pyramide : une base importante et un empilement allant en se r&#233;tr&#233;cissant. A condition que la base soit stable et que les mat&#233;riaux soient assez durs pour ne pas s'effondre sous leur propre poids, &#231;a marche. Pour la pyramide de Ch&#233;ops comme pour la muraille de Chine, les murs des ch&#226;teaux forts ou ceux des simples maisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pour couvrir l'espace entre les murs, de grosses poutre rigides qui supporteront la couverture. Veut-on all&#233;ger le syst&#232;me ? On remplacera les murs pleins par des colonnes sur lesquelles on jette comme des ponts et l'on obtient les temples grecs et romains, ou les syst&#232;mes poteaux poutres qui constituent l'ossature de maisons actuelles. Mais fondamentalement on n'a pas beaucoup &#233;volu&#233;, le principe reste le m&#234;me, une architecture obtenant sa stabilit&#233; avec sa lourdeur. Et n&#233;cessitant bien des efforts pour sa construction, des grues et autre gros engins ; et pour les grosses r&#233;alisations du pass&#233;, l'existence d'un &#233;tat autoritaire capable de faire travailler sur de longues p&#233;riodes une masse de paysans ou d'esclaves. La seconde, la l&#233;g&#232;re, va aborder le probl&#232;me gravitationnel en finesse, et d'abord en offrant peu de prise &#224; la pesanteur, peu de masse. Et rempla&#231;ant l'inertie de la mati&#232;re par une intelligence dans l'organisation, l'arrangement des mat&#233;riaux et leur assemblage dans l'espace. Plus c'est l&#233;ger, plus grandes sont les possibilit&#233;s d'arrangements, plus faciles sont les liaisons, une corde, un clou et le tour est jou&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pyramide de Ch&#233;ops d'un c&#244;t&#233; comme symbole d'architecture lourde, construite il y a plus de 4000 ans et la derni&#232;re des merveilles du monde antique encore visible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#244;me de Montr&#233;al de l'autre, symbole d'architecture l&#233;g&#232;re con&#231;u par Fuller comme pavillon des USA pour l'exposition universelle de 1967.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La cabane est un bon exemple d'architecture l&#233;g&#232;re. Parfois perch&#233;e dans un arbre, vite construite par une seule personne ou un groupe de copains, avec des mat&#233;riaux divers, de broc plut&#244;t que de briques, elle symbolise la libert&#233; du geste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand la maison lourde se veut rassurante, s&#251;re de ses assises et bien li&#233;e &#224; la terre, orgueilleuse d'avoir soumis les forces naturelles, la cabane satisfait l'esprit a&#233;rien de l'humain, sa l&#233;g&#232;ret&#233; sur la plan&#232;te, ses r&#234;ves d'union &#224; la nature et son go&#251;t du vagabondage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italo Calvino</title>
		<link>http://www.lerecoursauxforets.org/article.php3?id_article=23</link>
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		<dc:date>2009-11-24T10:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le recours aux for&#234;ts</dc:creator>


		<dc:subject>Cabanes</dc:subject>
		<dc:subject>Cabanes dans les arbres</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains</dc:subject>

		<description>N&#233; &#224; Santiago de Las Vegas en 1923, Italo Calvino, enfant, quitte Cuba pour l'Italie. Apr&#232;s avoir combattu dans la R&#233;sistance italienne durant la seconde guerre mondiale, il termine ses &#233;tudes litt&#233;raires &#224; Turin tout en travaillant au p&#233;riodique communiste L'Unit&#224;. Il continuera toute sa vie d'&#233;crire pour divers journaux, de La Voce della Democrazia &#224; Contemporaneo, en passant par La Repubblica ou le magazine Il Menab&#243; di Letteratura qu'il co-&#233;dite de 1959 &#224; 1967. (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=16" rel="tag"&gt;Ecrivains&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton23-37096.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; &#224; Santiago de Las Vegas en 1923, Italo Calvino, enfant, quitte Cuba pour l'Italie. Apr&#232;s avoir combattu dans la R&#233;sistance italienne durant la seconde guerre mondiale, il termine ses &#233;tudes litt&#233;raires &#224; Turin tout en travaillant au p&#233;riodique communiste L'Unit&#224;. Il continuera toute sa vie d'&#233;crire pour divers journaux, de &lt;i&gt;La Voce della Democrazia&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Contemporaneo&lt;/i&gt;, en passant par &lt;i&gt;La Repubblica&lt;/i&gt; ou le magazine &lt;i&gt;Il Menab&#243; di Letteratura&lt;/i&gt; qu'il co-&#233;dite de 1959 &#224; 1967.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce sont les ann&#233;es 50 qui voient la rupture de Calvino avec des th&#232;mes plus ou moins biographiques, et par la m&#234;me occasion son succ&#232;s et sa reconnaissance comme l'un des auteurs majeurs de la litt&#233;rature italienne, avec la publication de &lt;i&gt;Le baron perch&#233;&lt;/i&gt;, suivi par &lt;i&gt;Le vicomte pourfendu&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le chevalier inexistant&lt;/i&gt;. Ces trois &quot;contes philosophiques&quot;, au travers des tribulations d'un chevalier fendu en deux par un ennemi, et dont les deux parties poursuivent leur existence, l'une consacr&#233;e au bien et l'autre au mal, ou celles d'un baron qui refuse de descendre de son arbre, refl&#232;tent avec humour les pr&#233;occupations sociales et politiques de Calvino. Il recommence &#224; &#233;crire dans les ann&#233;es 60. Install&#233; durant quelques ann&#233;es &#224; Paris, il fonde l'OuLIPo (Ouvroir de Litt&#233;rature Potentielle) en compagnie notamment de Raymond Queneau, Georges Perec et Jacques Roubaud, que rapproche un go&#251;t des contraintes formelles en &#233;criture. Analyses combinatoires et techniques de permutation influenceront les oeuvres suivantes d'Italo Calvino. Ainsi, dans &lt;i&gt;Le ch&#226;teau des destins crois&#233;s&lt;/i&gt;, les lames du tarot, dispos&#233;es au hasard, sont le moteur d'une machinerie narrative combinatoire ; &lt;i&gt;Si par une nuit d'hiver, un voyageur&lt;/i&gt;, livre &#233;tincelant, poussera le souci de la combinaison &#224; son extr&#234;me : le roman est compos&#233; de dix d&#233;buts de romans imbriqu&#233;s dans un seul, &#224; l'int&#233;rieur duquel deux personnages-lecteurs tentent de poursuivre chacun des dix romans &#224; la recherche d'une improbable coh&#233;rence. Calvino meurt d'une h&#233;morragie c&#233;r&#233;brale en 1985. D'autres textes seront publi&#233;s apr&#232;s sa mort : &lt;i&gt;Le&#231;ons am&#233;ricaines&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Sous le soleil jaguar&lt;/i&gt;... Salman Rushdie disait de lui : &quot;Il met sur le papier ce que vous saviez depuis toujours, sauf que vous n'y aviez pas pens&#233; avant.&quot;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le Baron perch&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une des inventions les plus &#233;tonnantes de toute l'histoire de la litt&#233;rature : comment un enfant mont&#233; &#224; douze ans dans les arbres y reste, comment l'homme y passe toute sa vie, pour prouver &#224; tous ses contemporains ce que c'est que la libert&#233; et l'intelligence et pour leur prouver qu'ils n'agissent, eux, qu'en balourds et &#224; l'&#233;tourdi : pas seulement dans leurs rapports &#224; la nature, mais aussi dans leurs engagements historiques (nous sommes au temps de la r&#233;volution) ou dans leurs amours si d&#233;pourvus de fantaisie. En effet en 1767, &#224; douze ans, Cosimo Piovasco di Rondo d&#233;cide apr&#232;s une dispute familiale, de vivre d&#233;finitivement dans les arbres. Ses aventures sont nombreuses : des voyages (d'arbre en arbre), des rencontres, une relation amoureuse tumultueuse avec Viola, un int&#233;r&#234;t pour la vie politique. Devenu vieux, il dispara&#238;t dans le ciel, emport&#233; par une montgolfi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les premiers paragraphes du roman&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&quot;C'est le 15 juin 1767 que C&#244;me Laverse du Rondeau, mon fr&#232;re, s'assit au milieu de nous pour la derni&#232;re fois. Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier. Nous &#233;tions dans la salle &#224; manger de notre villa d'Ombreuse ; les fen&#234;tres encadraient les branches touffues de la grande yeuse du parc. Il &#233;tait midi ; c'est &#224; cette heure-l&#224; que notre famille, ob&#233;issant &#224; une vieille tradition, se mettait &#224; table ; le d&#233;jeuner au milieu de l'apr&#232;s-midi, mode venue de la nonchalante Cour de France et adopt&#233;e par toute la noblesse, n'&#233;tait pas en usage chez nous. Je me rappelle que le vent soufflait, qu'il venait de la mer et que les feuilles bougeaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; dit que je n'en voulais pas et je r&#233;p&#232;te que je n'en veux pas, fit C&#244;me en &#233;cartant le plat d'escargots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On n'avait jamais vu d&#233;sob&#233;issance plus grave.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le baron Arminius Laverse du Rondeau, notre p&#232;re, coiff&#233; d'une perruque Louis XIV descendant jusqu'aux oreilles et d&#233;mod&#233;e comme tout ce qui lui appartenait, si&#233;geait &#224; la place d'honneur. Entre mon fr&#232;re et moi &#233;tait assis l'abb&#233; Fauchelafleur, chapelain de notre famille, notre pr&#233;cepteur. En face de nous, la g&#233;n&#233;rale Konradine du Rondeau, notre m&#232;re, et notre soeur Baptiste, la nonne de la maison. Au bas de la table, en costume turc, l'avocat Eneas-Sylvius Carrega, hydraulicien, r&#233;gisseur de notre propri&#233;t&#233; et notre oncle naturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C&#244;me &#233;tait &#226;g&#233; de douze ans et moi de huit. Depuis quelques mois seulement, nous avions &#233;t&#233; admis &#224; la table de nos parents ; j'avais b&#233;n&#233;fici&#233; avant l'&#226;ge de la promotion de mon fr&#232;re : on n'avait pas voulu me laisser manger tout seul. B&#233;n&#233;ficier c'est une fa&#231;on de parler. Pour C&#244;me et pour moi, c'en &#233;tait fini du bon temps et nous regrettions nos petits repas dans un r&#233;duit en compagnie du seul Fauchelafleur. L'Abb&#233; &#233;tait un petit vieillard sec et rid&#233; ; on le disait jans&#233;niste ; de fait, il avait fui le Dauphin&#233;, sa province natale, pour &#233;viter un proc&#232;s de l'Inquisition. Mais ce caract&#232;re rigoureux qu'on louait g&#233;n&#233;ralement chez lui, cette s&#233;v&#233;rit&#233; int&#233;rieure qu'il s'imposait et imposait aux autres mollissaient &#224; chaque instant : l'Abb&#233; avait une vocation fonci&#232;re pour l'indiff&#233;rence et le laisser-aller. Selon toute apparence, ses longues m&#233;diations les yeux dans le vide n'avaient abouti qu'&#224; une grande aboulie et &#224; un peu d'ennui. Il agissait comme s'il voyait dans la plus l&#233;g&#232;re difficult&#233; le signe d'une fatalit&#233; &#224; laquelle il serait inutile de s'opposer. Nos repas en compagnie de l'Abb&#233; ne commen&#231;aient qu'apr&#232;s de longues oraisons, et les &#233;volutions de nos cuillers se devaient d'&#234;tre dignes, rituelles, silencieuses : malheur &#224; celui qui levait les yeux de son assiette ou faisait entendre, en absorbant son bouillon, la plus faible aspiration. Mais le potage fini, l'Abb&#233; commen&#231;ait &#224; se sentir las, contrari&#233; : il regardait dans le vide et faisait claquer sa langue &#224; chaque gorg&#233;e de vin ; seules les sensations les plus &#233;ph&#233;m&#232;res semblaient le toucher. &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La for&#234;t de l'homme</title>
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		<dc:date>2009-10-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rodolphe Christin</dc:creator>



		<description>Un &#233;cureuil harcel&#233; par trois pies Deux bottes aux semelles de terre, un manteau de pluie Nos abris dans les arbres le ciel, la terre tous les bruits de la vie Derni&#232;res lueurs. La nuit tombante emplit la for&#234;t de signes furtifs. Assis sur une pierre couverte de mousse, je me souviens du myst&#232;re que l'enfant &#233;prouve &#224; l'or&#233;e du bois. De cette l&#233;g&#232;re crainte, excitante comme une liqueur, qui aiguillonne sa vigilance tandis qu'il franchit le pas, &#224; cette heure entre (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &#233;cureuil&lt;/p&gt; &lt;p&gt;harcel&#233; par trois pies&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux bottes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;aux semelles de terre,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;un manteau de pluie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos abris dans les arbres&lt;/p&gt; &lt;p&gt;le ciel, la terre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;tous les bruits de la vie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derni&#232;res lueurs. La nuit tombante emplit la for&#234;t de signes furtifs. Assis sur une pierre couverte de mousse, je me souviens du myst&#232;re que l'enfant &#233;prouve &#224; l'or&#233;e du bois. De cette l&#233;g&#232;re crainte, excitante comme une liqueur, qui aiguillonne sa vigilance tandis qu'il franchit le pas, &#224; cette heure entre chien et loup. Nos enfances de Robinson Cruso&#233; et de coureurs des bois affranchis de toute contrainte puisaient l'inspiration dans les feuillages de l'&#233;t&#233; : des jeux de r&#244;le qui n'avaient cure de leur vraisemblance, trois copains de plain-pied dans le fantastique de la nature. Nous aimions les bois, ils &#233;taient notre libert&#233; et nous servaient d'abris hors du domicile. Nous y apprenions les t&#234;tards et les grenouilles, la beaut&#233; d'un rai de soleil pos&#233; sur une foug&#232;re. Nous pr&#233;parions des embuscades en bordure du chemin creux, nous n'&#233;tions que trois mais nous vivions en bandes imaginaires. En grandissant, la for&#234;t dut c&#233;der la place devant les &quot; choses s&#233;rieuses &quot; de l'existence. Ce sort collectif s'accompagne souvent d'une omission, dans laquelle se perd une part de notre &#233;volution. Un monde progressivement se d&#233;robe. A moins d'en &#233;prouver le manque, comme si cet &#233;loignement vous arrachait un bras. Pointe alors le d&#233;sir de rejoindre le bord des rivi&#232;res et la compagnie des arbres : bon sang ! une vie se tient l&#224;, une vie presque tomb&#233;e hors du champ de la conscience humaine. Une pleine part de notre vie, pourtant. Son &#233;clipse totale se r&#233;v&#232;lerait un drame.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La for&#234;t nous apprend l'attention et le respect des &#234;tres et des choses, comment un seul coup de b&#226;ton dans la fourmili&#232;re provoque les plus grands tumultes. Cet espace est un lieu de vie intense. L'homme des villes a oubli&#233; que la rencontre entre un m&#233;got et une feuille s&#232;che peut s'av&#233;rer d&#233;sastreuse. Pareil oubli &#233;chappe &#224; l'anecdote, un type de conscience s'y refl&#232;te tandis qu'un style de vie y d&#233;voile ses contours. La rupture soudain devient manifeste, entre soi et la r&#233;alit&#233;, entre un acte et ses cons&#233;quences, entre l'individu et la communaut&#233;. La responsabilit&#233; provient d'un attachement qui n'est pas celui de la servitude mais, au contraire, celui de l'appartenance &#224; l'universel qui, de proche en loin, nous environne, m&#234;me au-del&#224; de la pr&#233;cision de nos sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les catastrophes qui chaque &#233;t&#233; d&#233;vastent nos for&#234;ts sont le signe d'un d&#233;dain culturel diffus, celui que notre soci&#233;t&#233; entretient &#224; l'&#233;gard des arbres r&#233;unis en peuplements. Nous ne savons plus que ceux-ci sont les rassemblements d'individus en soci&#233;t&#233;. La for&#234;t est la communaut&#233; des arbres, c'est-&#224;-dire bien davantage que la simple addition des &#233;l&#233;ments qui la composent. Son myst&#232;re se tient dans cet exc&#232;s de qualit&#233;. Cette communaut&#233; inqui&#232;te car elle abrite une part latente d'inconnu, des forces impr&#233;visibles s'y dissimulent. S'y forgent peut-&#234;tre des secrets capables de transformer radicalement nos existences, de nous conduire sur des sentes dont on ne sait sous quelle forme nous reviendrons. Ni la raison ni les conventions ne peuvent suivre tous ces cheminements possibles. La for&#234;t est toujours plus ou moins contre-culturelle : le refuge de l'enfance face &#224; l'obligation des adultes, une aire de r&#233;sistance susceptible d'accueillir exil&#233;s et r&#233;prouv&#233;s, volontaires ou contraints, d'o&#249; l'ambigu&#239;t&#233; de son statut et l'ambivalence des repr&#233;sentations qu'elle inspire. Elle permet la solitude n&#233;cessaire &#224; qui souhaite reprendre conscience de sa pr&#233;sence au monde, s'&#233;vader des codes qui balisent le quotidien. Mais la for&#234;t dont je parle ici ne va pas de soi dans un monde comme le n&#244;tre. Sa pratique est devenue interstitielle, oblig&#233;e de se glisser dans une contre-dimension invisible du r&#233;el, parmi d'autres dimensions de nature conventionnelle. Heureusement, la for&#234;t &#233;chappe encore au r&#232;gne de la transparence absolue, malgr&#233; les syst&#232;mes d'informations g&#233;ographiques qui l'encartent tout en ignorant sa g&#233;ographie intime, gliss&#233;e dans la sensibilit&#233; de chacun, parfois &#224; son insu. Nous avons oubli&#233; &#224; nos d&#233;pens combien notre profondeur et la sienne &#233;taient vastes. Ces syst&#232;mes de renseignement n'ont pas appris le secret des ombres foresti&#232;res, la m&#233;lodie des bruissements furtifs qui traversent les sous-bois. La carte n'est pas le territoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la vie ordinaire, malgr&#233; notre modernit&#233;, notre soi-disant &#233;mancipation des lois de la nature, il arrive pourtant que la for&#234;t s'oppose &#224; notre soci&#233;t&#233; et lui rappelle ses limites. L'histoire de l'Occident est une histoire de conqu&#234;te des hommes et de d&#233;frichement des terres. Ces derni&#232;res, fussent-elles lointaines et inhospitali&#232;res, perdirent les unes apr&#232;s les autres leur int&#233;grit&#233; devant les assauts, souvent violents et destructeurs, d'une civilisation persuad&#233;e qu'elle &#233;tait le destin de l'humanit&#233;. Les sauvages habitaient les for&#234;ts, aussi les d&#233;cimait-on &#224; mesure qu'on d&#233;forestait pour installer la civilisation. Ce ph&#233;nom&#232;ne perdure aujourd'hui en Amazonie et dans les jungles d'Asie. La for&#234;t est l'abri du &quot; sauvage &quot; et le &quot; sauvage &quot; est toujours suspect&#233; d'apporter le d&#233;sordre et l'opposition. Il existe dans un espace inqui&#233;tant, ces bois nimb&#233;s de myst&#232;re lui offrent de l'invisibilit&#233; ; la civilisation du &quot; progr&#232;s &quot; bute contre cette fronti&#232;re opaque qui traverse le paysage, &#224; l'&#233;cart des villes, au pourtour des campagnes. Celles-ci, qui sait si la for&#234;t ne pourrait pas les engloutir un jour ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nombre d'agriculteurs vous le diront : la for&#234;t menace car elle prend pied partout, d&#232;s que l'homme a le dos tourn&#233; et c&#232;de le terrain. Les am&#233;nageurs du territoire luttent contre elle et guettent avec anxi&#233;t&#233; ses signes avant-coureurs : la friche, cette colonie temporaire. La friche avance en &#233;claireur v&#233;g&#233;tal. Elle gagne le champ d&#232;s qu'il n'est plus cultiv&#233;. Dans l'imaginaire occidental, qui oppose civilisation et nature, la friche et la for&#234;t qu'elle pr&#233;c&#232;de, et dont elle pr&#233;pare les conditions, symbolisent le retour de la &quot; sauvagerie &quot; : &quot;Tous ces terrains qui s'ensauvagent, c'est pas malheureux tout &#231;a ? &quot;, entend-on parfois dans des bouches d&#233;sesp&#233;r&#233;es&#8230; La for&#234;t, quand elle occupe le terrain et d&#233;fait le travail de l'agriculteur, accompagne un changement signal&#233; en certains endroits par le d&#233;clin de l'agriculture ou son difficile maintien. S'ensuivent alors des programmes de gestion de l'espace et des plans de d&#233;veloppement cens&#233;s lutter contre cette d&#233;prise agricole et l'avanc&#233;e tenace de la for&#234;t. Cette derni&#232;re progresse par les hauteurs tandis qu'en bas, dans les vall&#233;es, les agglom&#233;rations s'&#233;talent en banlieues, en quartiers r&#233;sidentiels, au d&#233;triment de l'espace cultiv&#233;. Celui-ci progressivement se transforme en couronne p&#233;ri-urbaine peupl&#233;e de citadins soucieux de se mettre au vert. Un jour peut-&#234;tre, en divers points de l'espace, la for&#234;t butera franchement contre des villes de plus en plus &#233;tal&#233;es. La campagne, habit&#233;e d'urbains &#233;troitement d&#233;pendants de la ville, ne sera plus rurale tandis que la ruralit&#233; profonde, celle &#233;loign&#233;e des centres urbains, poursuivra sa d&#233;sertification et laissera la for&#234;t prendre la place. Une nouvelle cat&#233;gorie de coureurs des bois verra-t-elle le jour, &#233;prise d'une libert&#233; nouvelle, soucieuse d'&#233;chapper au mod&#232;le dominant sous la pression de contraintes de plus en plus fortes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que l'avanc&#233;e foresti&#232;re soit v&#233;cue tel un drame est le r&#233;sultat parmi d'autres de mod&#232;les en vogue, fond&#233;s sur l'imaginaire du d&#233;veloppement &#224; tout prix, de l'humanisation totale de l'espace. Il fut un temps o&#249; la for&#234;t et les champs s'alliaient pour que, chacun &#224; sa mani&#232;re, ils contribuent &#224; la persistance de la vie locale de mani&#232;re compl&#233;mentaire et &#233;quilibr&#233;e : alors les paysans pouvaient &#234;tre forestiers, maniant tant&#244;t la houe tant&#244;t la hache, manifestant chez un seul homme des comp&#233;tences multiples. Celles-ci garantissaient une &#233;conomie en grande partie fond&#233;e sur l'autosubsistance et l'autonomie (&#224; ne pas confondre avec l'autarcie), assurant une existence qui faisait de l'homme l'artisan de son quotidien. Cette &#233;poque est r&#233;volue, la friche inqui&#232;te aujourd'hui pour une raison &#224; la fois &#233;conomique et psychologique : elle r&#233;duit &#224; n&#233;ant l'espace du champ cultiv&#233;, niant pour les uns la pr&#233;sence m&#234;me de l'homme, et n'est pas rentable au plan &#233;conomique. La for&#234;t qui la suit est une for&#234;t spontan&#233;e, qui &#233;chappe, au moins dans ses d&#233;buts, au contr&#244;le des forestiers. Cette for&#234;t improductive oppose sa densit&#233; opaque au regard d'une esth&#233;tique paysag&#232;re qui a g&#233;n&#233;ralis&#233; une norme touristique fond&#233;e sur une vision d&#233;sireuse d'espaces ouverts. Le touriste aime les hauteurs, les cols et les panoramas ; il lui faut prendre aussi quelques pauses. Ainsi ouvre-t-on les for&#234;ts &#224; coups de bulldozers et de tron&#231;onneuses afin d'am&#233;nager des aires propices &#224; la d&#233;tente dominicale et au stationnement des voitures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La for&#234;t pose la question de l'isolement, donc de son accessibilit&#233;. Elle peut servir d'arri&#232;re-pays de r&#233;sistance, de territoire retranch&#233;, de lieu propice au ressourcement et &#224; la f&#233;condation hors normes de projets novateurs et archa&#239;ques, reli&#233;s aux forces du ciel et de la terre. Mais les institutions surveillent la for&#234;t d'Etat tandis que les propri&#233;taires arpentent leurs for&#234;ts priv&#233;es. Pour rompre l'isolement forestier et une difficult&#233; d'acc&#232;s peu compatibles avec la fonction de production attribu&#233;e &#224; la for&#234;t, comme &#224; l'usine, des techniciens imaginent des sch&#233;mas de desserte : la for&#234;t balis&#233;e et born&#233;e doit &#234;tre p&#233;n&#233;tr&#233;e pour &#234;tre exploit&#233;e, on doit pouvoir acc&#233;der &#224; ses moindres recoins afin de la prot&#233;ger des incendies, on doit offrir aux visiteurs des itin&#233;raires balis&#233;s o&#249; la perdition sera impossible. Il s'agit toujours de valoriser la ressource foresti&#232;re en la rendant fr&#233;quentable pour les exploitants, les cueilleurs de champignons ou les randonneurs&#8230; Mais en canalisant ce beau monde sur des r&#233;seaux distincts : les randonneurs n'appr&#233;cient gu&#232;re de voir les pistes qu'ils empruntent d&#233;fonc&#233;es par les tracteurs forestiers. Il faut bien en faire quelque chose d'utile, de cette for&#234;t, c'est-&#224;-dire la rendre d'un rapport &#233;conomique appr&#233;ciable qui puisse se compter de diverses mani&#232;res, en hectares, en m&#232;tres cubes ou en st&#232;res, en kilom&#232;tres de pistes ou de sentiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, il existe des gens que la for&#234;t attire en profondeur, une for&#234;t qui ne se calcule ni ne s'exploite, une for&#234;t abritant d'autres formes d'existence que celles qui pr&#233;valent d'ordinaire. Cette for&#234;t marginale est celle de mes origines, celle des mises au monde successives qui marquent la vie de certaines personnes. J'ai trouv&#233; dans les for&#234;ts de Chartreuse des espaces suffisamment &#233;cart&#233;s pour que j'y d&#233;c&#232;le une part de mon destin, y emplisse mon imaginaire, y d&#233;couvre la double dimension que toute vie humaine contient. Cette for&#234;t est aussi celle de mes r&#234;veries aventureuses sur les pistes du Grand Nord ; celle de ces carbets marginaux et libertaires de Guyane, install&#233;s parmi les frondaisons &#233;paisses d'Amazonie. Les l&#233;zards couraient dans les feuilles du toit, &#224; la poursuite des insectes qui avaient cru trouver l&#224; un abri s&#251;r. Cette for&#234;t est aussi la ta&#239;ga de cet &#233;t&#233; en terre s&#226;me. Parmi la multitude d'&#238;les du lac Inari, elle a abrit&#233; nos nuits, aliment&#233; les flammes du feu sur lequel nous faisions cuire le poisson p&#234;ch&#233; &#224; la tra&#238;ne, de notre barque, l'apr&#232;s-midi m&#234;me. Partis pour trois journ&#233;es de navigation, le couvert des pins &#233;tait notre refuge, les &#238;les nos escales lapones. Parfois des rennes fracassaient les bois morts dans leurs d&#233;bandades parmi les grands pins et les bouleaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En guise de provocation, j'avance que les Fran&#231;ais n'aiment gu&#232;re la for&#234;t ; ils ne savent comment vivre avec elle au quotidien. Ils existent contre elle. L'implantation des maisons finlandaises compose avec la for&#234;t - la maison est parmi la for&#234;t - tandis que l'implantation de la maison fran&#231;aise a lieu en terrain ouvert et d&#233;gag&#233; - &#224; l'&#233;cart de la for&#234;t. La taille des arbres et la menace qu'ils font planer en cas de chute n'expliquent pas totalement cette fa&#231;on d'habiter l'espace. La diff&#233;rence des essences non plus, m&#234;me si le pin du nord est plus &#233;clair&#233; que nos feuillus opaques et obscurcit moins les jardins. Les Fran&#231;ais ne parviennent en g&#233;n&#233;ral &#224; vivre la for&#234;t que professionnellement, pour l'exploiter, ou de fa&#231;on temporaire les fins de semaine, pour s'oxyg&#233;ner. Ils savent en donner l'illusion par des formes ornementales. Les cueilleurs qui la fr&#233;quentent, le regard pench&#233; sur sa terre, ne semblent pas &#234;tre anim&#233;s d'un quelconque esprit d'autonomie rebelle. Ils souhaitent faire des &#233;conomies en se faisant plaisir, sans d&#233;sirer de mani&#232;re explicite, ne serait-ce qu'un instant, &#233;chapper aux circuits de l'&#233;conomie marchande. Peu de nos concitoyens aspirent &#224; vivre concr&#232;tement parmi les mousses et les craquements myst&#233;rieux, rares sont ceux qui savent &#233;couter le chant des arbres au passage du vent, et s'inspirer de cette verticalit&#233;, dress&#233;e comme l'homme, droit debout entre le ciel et la terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La for&#234;t est propice au voyage. Au voyage qui d&#233;pouille, d&#233;fait pour refaire, d&#233;prend pour mieux se reprendre. La for&#234;t est le lieu propice &#224; la disparition de nos rep&#232;res trop humains, elle se propose aussi &#224; notre propre disparition. Masqu&#233;s par les branchages, entr&#233;s &#224; pas de loup dans un autre monde, nos egos socialis&#233;s, jalonn&#233;s de balises rassurantes mais engourdissantes, ne doivent pas r&#233;sister : voici l'occasion de, simplement, apprendre la pr&#233;sence du milieu et reprendre conscience de ce que repr&#233;sente la terre qui nous porte. L'exp&#233;rimentation est primordiale car ce devenir ne peut se satisfaire d'une simple conscience &#233;cologique envisag&#233;e sous l'angle, n&#233;cessaire mais insuffisant, de la seule rationalit&#233; politique. Le d&#233;fi lanc&#233; &#224; l'homme d'Occident est justement celui de son ensauvagement volontaire, afin de retrouver des racines cosmiques qui le connectent avec le r&#233;el dans toutes ses dimensions. Ce devenir sauvage est une exp&#233;rience concr&#232;te et spirituelle de d&#233;conditionnement. La for&#234;t est une alli&#233;e favorable &#224; de tels cheminements. Mais pour cela, il faut aimer la for&#234;t pour ce qu'elle est par elle-m&#234;me et non &#224; l'aune de crit&#232;res strictement &#233;conomiques, dict&#233;s par l'app&#233;tit d&#233;mesur&#233; de croissance qui tenaille notre soci&#233;t&#233;. Les arbres poussent, bruissent, laissent &#233;clore des signes qui ne sont pas seulement destin&#233;s aux oiseaux ; des for&#234;ts anim&#233;es peuplent encore la sensibilit&#233; des hommes. &quot; Le silence qui s'abat juste apr&#232;s la chute d'un arbre, &#233;crit John Berger, est pareil au silence qui suit imm&#233;diatement une mort. M&#234;me sentiment de culmination. Pendant un moment, le poids de l'arbre - dernier &#233;l&#233;ment qui le rende encore un peu dangereux - tombe d'accord avec le poids de l'acte accompli. &quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Extrait vid&#233;o du film &quot;Eloge de la cabane&quot;</title>
		<link>http://www.lerecoursauxforets.org/article.php3?id_article=53</link>
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		<dc:date>2009-10-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le recours aux for&#234;ts</dc:creator>


		<dc:subject>Eloge de la cabane</dc:subject>
		<dc:subject>Robin Hunzinger</dc:subject>
		<dc:subject>Film documentaire</dc:subject>

		<description>Habiter une cabane, construction &#233;troite, modeste, transitoire et pr&#233;caire induit n&#233;cessairement une relation sp&#233;cifique au territoire dans lequel elle s'inscrit, et &#224; la nature. Souvent construite sans permis de construire, sans plan pr&#233;alable, faite de brique et de broc, la cabane est un lieu qu'il faut sans cesse r&#233;ajuster. Ni bien public, ni propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni tout &#224; fait hors du monde, ni tout &#224; fait int&#233;rioris&#233;e, la cabane est une aire interm&#233;diaire, un potentiel (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/rubrique.php3?id_rubrique=4" rel="directory"&gt;Cabanes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=21" rel="tag"&gt;Eloge de la cabane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=22" rel="tag"&gt;Robin Hunzinger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/mot.php3?id_mot=23" rel="tag"&gt;Film documentaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton53-09886.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Habiter une cabane, construction &#233;troite, modeste, transitoire et pr&#233;caire induit n&#233;cessairement une relation sp&#233;cifique au territoire dans lequel elle s'inscrit, et &#224; la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Souvent construite sans permis de construire, sans plan pr&#233;alable, faite de brique et de broc, la cabane est un lieu qu'il faut sans cesse r&#233;ajuster. Ni bien public, ni propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni tout &#224; fait hors du monde, ni tout &#224; fait int&#233;rioris&#233;e, la cabane est une aire interm&#233;diaire, un potentiel d'exp&#233;riences, une r&#234;verie universelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Eloge de la Cabane&quot; interroge les notions de jeu et d'exp&#233;rience sensorielle, d'autonomie, de r&#233;flexion ou d'utopie qu'implique l'id&#233;e m&#234;me de la cabane. En partant de sa propre exp&#233;rience de la cabane, dans les Vosges, Robin Hunzinger est all&#233; &#224; la rencontre de ceux qui ont construit la leur, dans d'autres r&#233;gions de France.&lt;/p&gt; &lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;360&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/video/xd5n9f&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/video/xd5n9f&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;360&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;Visualiser un extrait en ligne, louer ou commander un dvd sur documentaires.com&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.filmsdocumentaires.com/films/eloge-de-la-cabane&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Eloge de la cabane&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projections publiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Festival Cin&#233;ma du R&#233;el, Comp&#233;tition fran&#231;aise, centre Georges Pompidou, Paris, 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Festival Kino im Fluss, Saarbr&#252;cken, 2003&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cycle &quot;Bonheur : modes d'emploi&quot;, Cin&#233;ma des cin&#233;astes, Paris, 2003.
Festival du film ethnographique, Caen, 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Festival international R&#233;sistances, Foix, aout 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Projections dans de nombreuses m&#233;diath&#232;ques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; Cr&#233;dits&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Eloge de la cabane : documentaire de 52' r&#233;alis&#233; en 2003 par Robin Hunzinger.
Produit par Bruno Florentin.
Musique : Jean-Philippe Chalt&#233;.
Son : Suzan Erkalp.
Production : Real Productions - Bruno Florentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Recours aux for&#234;ts et autonomie cr&#233;atrice dans Kiki la petite sorci&#232;re de Miyazaki </title>
		<link>http://www.lerecoursauxforets.org/article.php3?id_article=74</link>
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		<dc:date>2009-10-13T07:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Umiushi</dc:creator>



		<description>Kiki la petite sorci&#232;re (Maj&#244; no takky&#251;bin, en japonais le service de livraison de la sorci&#232;re) est un film adorable, qui rend heureux. Il est aussi plus profond qu'il n'en a l'air, &#233;voquant avec justesse la fin de l'enfance, les doutes existentiels, et s'articulant autour de la belle notion d'autonomie. On ne se m&#233;fie pas de Kiki, semblant &#224; premi&#232;re vue &#234;tre un film pour enfant, un Miyazaki &#171; mineur &#187; et pourtant ! Ce film peut cr&#233;er des vocations. Le (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/rubrique.php3?id_rubrique=19" rel="directory"&gt;La for&#234;t&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton74-14dd2.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Kiki la petite sorci&#232;re (Maj&#244; no takky&#251;bin, en japonais le service de livraison de la sorci&#232;re&lt;/i&gt;) est un film adorable, qui rend heureux. Il est aussi plus profond qu'il n'en a l'air, &#233;voquant avec justesse la fin de l'enfance, les doutes existentiels, et s'articulant autour de la belle notion d'autonomie. On ne se m&#233;fie pas de Kiki, semblant &#224; premi&#232;re vue &#234;tre un film pour enfant, un Miyazaki &#171; mineur &#187; et pourtant ! Ce film peut cr&#233;er des vocations. Le recours aux for&#234;ts et un de ses corollaires, l'autonomie cr&#233;atrice, y sont en effet particuli&#232;rement bien illustr&#233;s ; difficile de ne pas &#234;tre s&#233;duit, de ne pas avoir envie de faire passer dans nos vies cette &#233;thique de l'autonome apr&#232;s avoir vu Kiki. Autonomie, cr&#233;ation, recours aux for&#234;ts : l'avantage d'un film comme Kiki est de condenser ces figures et m&#234;me mieux : de montrer leur solidarit&#233; possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Mais commen&#231;ons par un r&#233;sum&#233; &#224; l'attention de ceux qui ne l'auraient pas vu (et qui sont donc invit&#233;s &#224; se procurer le film au plus vite dans une pharmacie de garde proche de chez eux). Kiki, ayant atteint ses 13 ans, doit quitter ses parents pour un an et vivre dans une autre ville : rite initiatique suivi par toutes les apprenties sorci&#232;res. Elle devra exercer un m&#233;tier en relation avec ses comp&#233;tences de sorci&#232;re. Sur cette base, le film se d&#233;roule en deux temps. Le premier voit Kiki faire l'apprentissage de sa nouvelle vie ; de son m&#233;tier (livreuse de colis &#224; l'aide de son balais magique lui permettant de se d&#233;placer rapidement sur d'assez longues distances), se lier avec un gar&#231;on de son &#226;ge, le passionn&#233; d'aviation Tombo (libellule en japonais). Le deuxi&#232;me nous montre une Kiki soudain d&#233;prim&#233;e, ayant perdu ses pouvoirs magiques (m&#233;taphore de la magie transfiguratrice de l'enfance), qui tentera de retrouver cette magie perdue. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que ce film nous int&#233;resse : la r&#233;solution de cette situation de d&#233;tresse vient de la rencontre avec une artiste, Ursula, qui habite l'&#233;t&#233; dans une charmante maison en bois au c&#339;ur de la for&#234;t, pas tr&#232;s loin de la ville (mais dans un lieu un peu secret, suffisamment difficile d'acc&#232;s pour avoir valeur d'enclave). Kiki avait rencontr&#233; bri&#232;vement Ursula une premi&#232;re fois, lors de l'&#233;pisode du chat &#224; livrer, et qui &#233;tait tomb&#233; dans la for&#234;t. Ursula avait alors demand&#233; &#224; Kiki de revenir la voir, afin de devenir son mod&#232;le pour un tableau. Kiki ne donnant aucune nouvelle, c'est Ursula qui ira la voir en ville, et constatant la tristesse de Kiki, lui proposera d'aller passer quelques jours dans sa maison sylvestre. Cette deuxi&#232;me rencontre sera d&#233;terminante parce que l'artiste-peintre, de cinq ans plus &#226;g&#233;e que Kiki, est pass&#233;e par des phases similaires (le blocage cr&#233;atif, la perte d'inspiration, le doute quant &#224; la valeur de ses cr&#233;ations) et a su les surmonter par l'autonomie cr&#233;atrice : voil&#224; qui acquiert une valeur d'exemplarit&#233; pour notre petite sorci&#232;re si triste de perdre ses pouvoirs, de voir le monde se d&#233;senchanter (son chat Jiji ne peux plus parler). Inspir&#233;e par Kiki, Ursula peint un tableau, le Vaisseau volant au dessus de l'arc en ciel, dont la beaut&#233; porteuse de sens agira sur la petite sorci&#232;re comme r&#233;v&#233;lateur. Mais son parcours et son mode de vie seront aussi particuli&#232;rement d&#233;cisif dans la gu&#233;rison de Kiki : il n'est pas innocent que Miyazaki ait choisi le th&#232;me du recours aux for&#234;ts pour l'illustrer [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Sans trop de risques de me tromper, je pense que le recours aux for&#234;ts est (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] . De retour en ville, Kiki retrouvera ses pouvoirs magiques, et sauvera gr&#226;ce &#224; eux Tombo d'une chute mortelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Quel beau personnage que cette Ursula ! Elle est assur&#233;ment un des plus beaux types de &#171; Waldg&#228;nger &#187; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour un balisage de cette notion, lire l'article de Jean-Pascal, &#171; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] des personnages de Miyazaki. A l'&#226;ge de Kiki, elle d&#233;cide de devenir artiste-peintre, puis passe elle-m&#234;me par une p&#233;riode de doute et de d&#233;pression, avant de retrouver l'inspiration en cessant d'imiter pour trouver son propre style. Ursula a d&#233;pass&#233; l'abattement st&#233;rile en assumant son autonomie. Mais qu'est-ce, au juste que l'autonomie ? Etymologiquement, c'est non pas faire ce qui nous chante, mais s'imposer sa propre loi (auto/nomos). Le peintre Francis Picabia exprime cette id&#233;e parfaitement dans J&#233;sus-Christ Rastaquou&#232;re [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='A lire ici : http://cf.geocities.com/dadatextes/...' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] : &#171; il n'y a rien, rien, rien que la valeur que tu donneras toi-m&#234;me &#224; tout. &#187; Un autonome ne fait aucunement confiance aux chemins que d'autres ont trac&#233; ; s'il lui arrive d'y inscrire ses pas, c'est en toute connaissance de cause. L'autonome doute, car pour lui rien ne va de soi ; les mythes de la tribu peuvent &#234;tre remis en question et de proche en proche tout ce qui est institu&#233; par la soci&#233;t&#233; : rien qui n'&#233;chappe &#224; la contingence. N'existe aucun signifi&#233; transcendantal. Mais le doute de l'autonome est un doute f&#233;cond. Ursula suit sa pente, qui est de peindre, et de peindre non selon des canons pr&#233;existants qu'il faudrait suivre &#224; tout prix mais, en toute libert&#233;, ce qu'elle aspire &#224; voir en son nom. Autonomie du style, dans la peinture mais aussi dans la vie : Ursula ne laisse &#224; personne le droit de lui imposer une forme ext&#233;rieure &#224; son d&#233;sir. Cette r&#233;&#233;valuation est lisible dans le choix de Miyazaki de montrer des corbeaux vivants en bonne intelligence avec Ursula, ces corbeaux qui avaient &#233;t&#233; d'abord montr&#233;s comme hostiles et effrayants, en accord avec les repr&#233;sentations habituelles que l'on peut avoir de cet oiseau. [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans le film Nausica&#228; de la vall&#233;e du vent, du m&#234;me r&#233;alisateur, on (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pourquoi associer l'autonomie et le recours aux for&#234;ts ? Parce que l'autonomie exige pr&#233;alablement un doute radical quant au bien-fond&#233; des valeurs dominantes. Et aussi parce que dans une soci&#233;t&#233; qui pr&#233;tend garantir la neutralit&#233; axiologique sans s'en donner les moyens (car m&#234;me si dans une soci&#233;t&#233; non ouvertement totalitaire, personne en th&#233;orie ne dicte quelle doit &#234;tre la &#171; vie bonne &#187;, le march&#233; se charge de le faire), l'autonome entre n&#233;cessairement en conflit, &#233;prouve le besoin de se mettre &#224; l'&#233;cart. L'&#233;loignement g&#233;ographique agit alors comme mise &#224; distance mentale. L'&#233;thique autonome trouve ainsi une actualisation possible dans le recours aux for&#234;ts et c'est &#224; la lettre ce que fait notre belle Ursula. On pense &#224; Nietzsche : &#8220;Mettez-vous plut&#244;t &#224; l'&#233;cart ! /&#8232;Fuyez vous cacher [&#8230;]&#8232;/ Faites le choix de la bonne solitude.&#8232;/ La solitude libre, malicieuse, l&#233;g&#232;re [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme ces trois adjectifs conviennent bien &#224; Ursula ! Son retrait n'a (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;] ,&#8232;/ celle qui vous donne m&#234;me le droit de demeurer bons en quelque mani&#232;re !&#8221; (Le Gai savoir ) [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; par Jean-Pascal dans son article &#171; Figures du Waldg&#228;nger (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;] On pense aussi &#224; Barthes, qui &#233;voquait dans ses cours au Coll&#232;ge de France [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Roland Barthes, La Pr&#233;sentation du roman I et II, cours et s&#233;minaire au (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] l'&#233;quilibre &#224; trouver pour l'artiste : un balancement entre participation (fournissant les mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; la cr&#233;ation) et retrait (comme fa&#231;on de d&#233;serter les pressions normatives st&#233;rilisantes). Le recours aux for&#234;ts (dont l'&#233;loignement est relatif ; il ne s'agit pas d'un exil d&#233;finitif ; la dialectique peut continuer) permet cette position d'&#233;quilibre. C'est ce recours initiatique aux for&#234;ts, &#224; la fois r&#233;el et symbolique, qui par l'exemple d'Ursula aura permis &#224; Kiki de retrouver ses capacit&#233;s cr&#233;atrices, en remettant &#224; sa juste place cette &#171; panne &#187; provisoire. Le choix de la for&#234;t n'est pas fortuit : les arbres de la for&#234;t suivent leur &#233;lan naturel, au contraire des arbres des villes, qui ne sauraient se passer longtemps de coiffeur ! Par ailleurs, cette nature touffue est aussi une m&#233;taphore, par ses feuilles, ses herbes, du monde mis &#224; distance, m&#233;diatis&#233;, qui est celui du cr&#233;ateur autonome.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Lier, de fa&#231;on si juste et si touchante, avec humour et tendresse, ces th&#232;mes que sont l'autonomie, la cr&#233;ation et le recours aux for&#234;ts est une des qualit&#233;s principales de ce film, dont le public prioritairement vis&#233; tend &#224; favoriser cette dimension initiatique (mais c'est une &#233;dification qui s'oppose point par point &#224; celle de l'&#233;cole, du savoir acad&#233;mique transmis par des fantassins de la normativit&#233;). C'est ainsi que le film Kiki nous met en pr&#233;sence d'un tissu de significations dense, o&#249; se nouent des th&#232;mes ins&#233;parables du recours aux for&#234;ts : solitude, autonomie, d&#233;sertion, cr&#233;ation et enfin&#8230; Joie (augmentation de sa puissance d'agir, selon Spinoza). Un film, donc, &#224; conseiller vivement &#224; tous les enfants, &#224; tous les adolescents, mais aussi aux adultes ayant la sensation d'&#234;tre dans une impasse, de ne pas vivre &#224; la premi&#232;re personne ! Inoubliables Ursula et Kiki, comment ne pas ch&#233;rir votre message ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Sans trop de risques de me tromper, je pense que le recours aux for&#234;ts est important dans la vie de Miyazaki, lui qui se bat pour sauvegarder la for&#234;t de Fuchi situ&#233;e entre Tokorozawa, ville du d&#233;partement de Saitama et Higashi-Murayama &#224; Tokyo (lire pour plus de pr&#233;cisions : &lt;a href=&quot;http://www.fuchinomori.com/en/index.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.fuchinomori.com/en/index.html&lt;/a&gt;). Tokyo est une m&#233;galopole assez curieuse, qui r&#233;serve contre toute attente de nombreux territoires ruraux dans le tissu urbain ; l'hyper-urbain est sans cesse clairsem&#233; de lieux d'une ruralit&#233; quasi-absurde si on les compare aux villes europ&#233;ennes, mais plaisante, permettant la d&#233;sertion de la ville au sein m&#234;me de la ville. Il suffit, m&#234;me dans les grands centres urbains (Shinjuku, Ikebukuro, Shibuya, Ueno), de s'&#233;carter de quelques rues de la station pour &#234;tre propuls&#233; en pleine campagne et ce ph&#233;nom&#232;ne s'accro&#238;t au fur et &#224; mesure que l'on s'&#233;carte des quartiers centraux. De fait, le recours aux for&#234;ts est toujours &#224; m&#234;me de se pr&#233;senter &#224; l'esprit du passant r&#233;ceptif. Je ne r&#233;siste pas au plaisir de citer un texte peu connu de Claude L&#233;vi-Strauss : &quot;Lors de ma premi&#232;re visite au Japon, en 1977, mes amis, m&#234;me japonais, m'avaient mis en garde. Que je n'aille surtout pas juger le Japon par Tokyo : ville surpeupl&#233;e, anarchique, sans beaut&#233;, &#233;crasante par son gigantisme, enti&#232;rement reconstruite apr&#232;s les bombardements de 1945, travers&#233;e en tous sens par des voies express sur&#233;lev&#233;es qui se croisent dans le vacarme &#224; des niveaux diff&#233;rents ... Mes promenades me donn&#232;rent une tout autre impression. La ville, bouillonnante de vie, me parut respirer la jeunesse. Les coloris clairs et vari&#233;s des b&#226;timents entretenaient la ga&#238;t&#233;. La libert&#233; avec laquelle &#233;taient implant&#233;es les maisons et autres &#233;difices me changeait agr&#233;ablement des rues europ&#233;ennes o&#249; les maisons, align&#233;es et soud&#233;es les unes aux autres, enferment le passant entre des murailles de pierre. A Tokyo, les constructions, d&#233;tach&#233;es de leurs voisines, diversement orient&#233;es m&#233;nageaient d'amusants contrastes de perspective. M&#234;me au coeur de la ville, elles proposaient au passant des recoins plus tranquilles, des petits havres de paix... Surtout, je me suis aper&#231;u qu'il suffisait de quitter les grandes art&#232;res et de s'enfoncer dans des voies transversales pour que tout change. Tr&#232;s vite, on se perdait dans des d&#233;dales de ruelles o&#249; des maisons basses, dispos&#233;es sans ordre, restituaient une atmosph&#232;re provinciale. Le jardinet qui les flanquait pouvait &#234;tre minuscule : le choix et l'arrangement des plantes n'en t&#233;moignaient pas moins le go&#251;t et l'ing&#233;niosit&#233; des habitants. Ces demeures particuli&#232;res entour&#233;es de v&#233;g&#233;tation logeaient peut-&#234;tre des gens de condition moyenne : je me faisais la r&#233;flexion qu'&#224; Paris, elles eussent repr&#233;sent&#233; un luxe accessible seulement aux plus riches.&quot; (&quot;Aux habitants de Tokyo&quot; extrait de l'ouvrage Le go&#251;t de Tokyo, cit&#233; sur &lt;a href=&quot;http://japonasimut.canalblog.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://japonasimut.canalblog.com/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Pour un balisage de cette notion, lire l'article de Jean-Pascal, &#171; Figures du Waldg&#228;nger &#187; : &lt;a href=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/spip.php?article48&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.lerecoursauxforets.org/s...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] A lire ici : &lt;a href=&quot;http://cf.geocities.com/dadatextes/jcr.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://cf.geocities.com/dadatextes/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Dans le film Nausica&#228; de la vall&#233;e du vent, du m&#234;me r&#233;alisateur, on retrouvait d&#233;j&#224; (en moins allusive, en plus forte) une relation semblable entre Nausica&#228; et les &#212;mus, insectes aussi r&#233;pugnants que majestueux. En comparaison, l'anthropomorphisme des animaux sacr&#233;s d'un film ult&#233;rieur comme Princesse Mononok&#233; est bien plus rassurant et, partant, moins radical.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Comme ces trois adjectifs conviennent bien &#224; Ursula ! Son retrait n'a rien de la pose morose d'un Alceste (Moli&#232;re, Le Misanthrope). Par ailleurs, son recours aux for&#234;ts reste un recours, pas un terminus, dans le sens o&#249; elle indique &#224; Kiki qu'elle restera dans sa maison tout l'&#233;t&#233;, sans que l'on puisse savoir ce qu'elle fera ensuite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Cit&#233; par Jean-Pascal dans son article &#171; Figures du Waldg&#228;nger &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Roland Barthes, La Pr&#233;sentation du roman I et II, cours et s&#233;minaire au Coll&#232;ge de France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un petit bijou d'architecture sauvage</title>
		<link>http://www.lerecoursauxforets.org/article.php3?id_article=58</link>
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		<dc:date>2009-02-22T20:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dana</dc:creator>



		<description>Gilbert, le menuisier aux mains de f&#233;es, dixit ma soeur, s'est am&#233;nag&#233; sur les contreforts de la montagne ari&#233;geoise un endroit pour vivre, au milieu des terres qu'il poss&#232;de. On y acc&#232;de par un sentier ardu, par les sous-bois. S'y &#233;l&#232;ve un petit bijou d'architecture sauvage, tout en bois et baies vitr&#233;es, qu'il a b&#226;ti de ses mains, un chalet &#224; douze faces, donnant au sud sur la vall&#233;e. C'est ici qu'il envisage de vivre d&#233;sormais. A &#233;couter en (...)

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&lt;a href="http://www.lerecoursauxforets.org/rubrique.php3?id_rubrique=4" rel="directory"&gt;Cabanes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton58-44f4c.jpg&quot; width='150' height='105' style='height:105px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gilbert, le menuisier aux mains de f&#233;es, dixit ma soeur, s'est am&#233;nag&#233; sur les contreforts de la montagne ari&#233;geoise un endroit pour vivre, au milieu des terres qu'il poss&#232;de. On y acc&#232;de par un sentier ardu, par les sous-bois. S'y &#233;l&#232;ve un petit bijou d'architecture sauvage, tout en bois et baies vitr&#233;es, qu'il a b&#226;ti de ses mains, un chalet &#224; douze faces, donnant au sud sur la vall&#233;e. C'est ici qu'il envisage de vivre d&#233;sormais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A &#233;couter en lisant :&lt;/p&gt; &lt;div class='spip_document_5 spip_documents'&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Vent de nuit&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;&lt;p&gt;&#169; ressources.org, real productions&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sons : Jean-Philippe Chalte &amp; Robin Hunzinger&lt;/p&gt;&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;object type='application/x-shockwave-flash' data='plugins/Lecteur_multimedia/dewplayer.swf' width='200' height='20'&gt;
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&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Benjamin, depuis qu'il souffre d'une scl&#233;rose en plaques, s'est retir&#233; dans la campagne quelque part en Poitou. Dissimul&#233;e &#224; l'abri d'un lourd bosquet d'arbres et de ronces, et d'un chemin boueux louvoyant &#224; travers les pr&#232;s, sa maison au toit plat, sur lequel poussent des plants de cannabis destin&#233;s &#224; adoucir les douleurs, figure un refuge pour les jours &#224; venir, confortable tandis que le bois qui la porte craque et vieillit paisiblement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve ainsi dans la montagne de Margeride quelques cabanes isol&#233;es, souvent en ruines, qui furent habit&#233;es autrefois par des hommes solitaires, des bergers probablement, ou bien des ermites volontaires. Les cartes topographiques marquent encore le souvenir de ceux qui v&#233;curent l&#224;, Bazanioux, Fouant, Chazotte, peut-&#234;tre, mais avec le temps les noms s'&#233;mancipent des choses qu'ils signifient, et nous ne savons plus s'ils d&#233;signent cette cabane, cette clairi&#232;re, cet affleurement de granit ou la source d'un ruisseau d&#233;ferlant jusqu'&#224; la plaine.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_7 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.lerecoursauxforets.org/local/cache-vignettes/L500xH281/pondmap-54123.jpg' width='500' height='281' alt='JPEG - 42.2 ko' style='height:281px;width:500px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Une des passions de l'immense &#233;crivain allemand Arno Schmidt fut l'&#233;tude des cartes d'&#233;tat-major, et surtout, l'exploration des territoires port&#233;s sur la carte et des lieux. Souvenez-vous la cabane red&#233;couverte dans Sc&#232;nes de la vie d'un faune - qu'un d&#233;serteur aurait &#233;lu pour refuge autrefois, qui servira &#224; son tour de refuge pour le /h&#233;ros\, et d'abri pour de d&#233;licieux &#233;bats &#233;rotiques au milieu des flammes - ou bien, dans le monde d&#233;vast&#233; par la guerre nucl&#233;aire de Miroirs Noirs, comment il prend soin d'&#233;tablir sa demeure au milieu des gen&#233;vriers, &#224; l'&#233;cart des villes en ruines malgr&#233; tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La compagnie des arbres, du vent, des b&#234;tes de la for&#234;t, et les lieux &#224; part, flottant libres par del&#224; les signifi&#233;s, propices &#224; l'imaginaire et donc &#224; l'installation : voici l'&#233;tang de Walden aux berges duquel Thoreau &#233;tablit sa demeure, s'inscrivant &#224; la terre m&#234;me du pays et pour ainsi dire &#224; son tour dans la langue - Walden deviendra l'&#233;tang o&#249; v&#233;cut ce philosophe excentrique - vivant au rythme des lunes et des neiges et des d&#233;bordements des eaux. Je songe &#224; Malcom Lowry aussi, dont la cabane au bord de l'eau subit un funeste destin - br&#251;l&#233;e ainsi que le premier manuscrit d'Under the Volcano.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut se contenter de b&#226;tir en m&#233;taphore pour ainsi dire sa propre maison, comme on peut se contenter de contempler les cartes de topographie : quand je vivais adolescent dans cette ville crasseuse, durant les interminables heures pass&#233;es &#224; &#233;couter des enseignants ennuyeux au-del&#224; de tout, je glissais sur ma table d'&#233;tude une carte de g&#233;ographie, et m'y perdait longuement, r&#234;vassant tout le jour - &#234;tre ailleurs qu'ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hier en Margeride, marchant vers la croix de la Paille, je cherchais un lieu suffisamment retir&#233;, mais agr&#233;able, pour y construire une cabane. L&#224;, une source un peu timide - car il faudra s'abreuver comme les chevreuils et les biches -, d'&#233;pais sous-bois - demeurer &#224; l'abri des regards, quelques chasseurs ne manquant pas de s'aventurer par ici -, une roche saillante surplombant un pr&#233; &#224; brebis - observer les environs, disposer d'une vue d'ensemble, on n'est jamais trop prudent, surveiller les alentours comme les marmottes qui font le guet &#224; tour de r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;tablir un territoire autonome -d&#233;clarer &#8220;son&#8221; ind&#233;pendance. Il y en a pour qui la m&#233;taphore ne suffit pas - peut-&#234;tre sont-ils idiots de prendre cela au pied de la lettre, incapables de se contenter d'une maison int&#233;rieure, peut-&#234;tre est-ce dans la mesure o&#249; ils ne sont pas n&#233;s quelque part, ils sont condamn&#233;s &#224; chercher a place to come to (pour reprendre le titre du livre de Robert Penn Warren)- et &#233;ventuellement o&#249; habiter, s'enraciner &#224; m&#234;me une terre (au sein d'une terre-m&#232;re) . Et faut-il leur reprocher un contemptus mundi (le m&#233;pris du monde, auquel Pierre de Celles consacr&#226;t un trait&#233; fameux) ou bien au contraire d'un amour de la vie - ou bien le m&#233;pris du monde et des mondanit&#233;s n'est-il que l'expression d'un amour de la vie archa&#239;que, enfantin, d'une capacit&#233; &#224; jouir de si peu - une brise inattendue qui vous rafra&#238;chit les joues, un chantonnement d'oiseau au petit matin, les traces d'un renard dans la neige ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car habiter en po&#232;te et renoncer aux mondanit&#233;s, bien que moqu&#233; chez la plupart des hommes, occup&#233;s &#224; leurs affaires, demeure toutefois, au moins dans l'esprit, une consolation pour certains d'entre eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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