Le recours aux forêts

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Félix le rebelle

et son jardin

juin 2004, par Le recours aux forêts

Après un petit chemin de terre, dans une forêt de châtaigniers de Dordogne, un îlot surgit. C’est celui de Félix, de son jardin et de ses figuiers.

Félix est installé depuis une douzaine d’années dans ce lieu situé plein sud. Gravement malade, ne pouvant plus payer ses loyers, n’ayant qu’une modeste pension, il achète pour un franc le mètre carré un petit terrain bien exposé. Il dit que le premier jour, lorsqu’il s’est couché sous un chateigner, il s’est enfin senti libéré. Il a construit une serre pour 300 francs et s’y est installé avant de commencer à construire sa cabane avec la pension qu’il reçoit.

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Lui, c’est le vrai rebelle.

Il ne peut plus vivre dans une maison et affirme qu’il y mourrait en quelques mois. Il préfère construire son refuge au fur et à mesure sans permis de construire. Mais la moindre agression peut le faire basculer dans la guerre. Félix est un penseur autodidacte qui a une idée très précise de sa vie de cabane qui prend une forme radicale de résistance. Son refuge, il l’a construit pour se protéger et il est hors de question de payer un impôt : "C’est injuste et féodal que de vouloir taxer un abri qui me protège de la mort. On ne taxe pas un abri."
Félix n’a pas peur de sa faiblesse numérique. Il ne payera jamais d’impôts locaux et le fait savoir. Il ne dispose pas de grands moyens de combat, mais il sait que ses coups de gueule et d’audace peuvent anéantir la volonté de ses ennemis. Il connaît leurs points de moindre résistance, leur degré d’inflammabilité et en use chaque fois que c’est nécessaire.

"L’autorité m’est insupportable, la dépendance invivable, la soumission impossible".

Félix pense avoir le devoir de se rebeller et d’installer au centre de sa vie quotidienne un dispositif subversif. Il utilise la colère comme mode dynamique,

Le but de Félix est d’arriver à être autonome : "Ne plus prendre la voiture pour acheter de la bouffe industrielle car elle me rend malade. Je veux pouvoir être complètement autonome aussi bien du point de vue toit que nourriture". Il y arrive pratiquement.

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Félix a une volonté d’auto-suffisance. Il fabrique tout lui-même, le plus possible :
conserves, séchage de fruits, pain, arbres fruitiers (greffes, plantations), grand potager, poulailler, chèvres, ramassage des produits de la forêt (champignons, châtaignes, noix).
Il fait tout seul ses vêtements.

Pour le moment, il rêve d’agrandir sa cabane avec une pièce troglodyte. Il n’écrit rien et ne dessine rien. Tout est dans sa tête et cela n’arrête pas de grandir, d’évoluer, de s’améliorer.

Il "encourage ceux qui veulent s’en sortir et rester libres". Il vient d’aider un homme à acheter un terrain pour poser sa roulotte, aide une amie, ainsi qu’une famille à s’installer. "Ca bavarde beaucoup dans le coin car ils ont peur qu’il n’y ait ici que des marginaux". Pourtant de nombreux vieux du village lui font confiance en vendant, aux personnes recommandées par Félix, des terrains pour une bouchée de pain. "De toute façon, ils ont peur de moi au village, même les gendarmes ont peur, alors ils me foutent la paix et je peux continuer à aménager mon territoire et vivre librement."

Félix aimerait juste trouver la compagne qui pourrait vivre avec lui et partager la même vie. Il a créé pour cela L’association des amoureux.

La solitude le dérange-t-il seul ? D’où vient cette volonté d’autosuffisance ? Cherche-t-il a échapper à quelque chose ou au contraire à construire quelque chose ?

C’est le soir. Installé dehors près du feu, Félix mange lentement des marrons bouillis sous le regard de ses chèvres naines.

Messages

  • je possede des chevres insupportables dans une maison de campagne que je restaure peu a peu ;il est vrai que je fais sourire autour de moi mais mes chèvres aiment la liberté et vagabondent car il est impossible de les cloturer ;mais je préfère mes chèvres qui nettoient mes sous-bois que les touristes inconscients qui ont mis le feu aux bois environnants par inconscience et qui laissent des papiers gras et des bouteilles au moins elles ne font pas de tels dégats meme si elles s’échappent parfois...

    • Bonjour Le Rebelle,

      J’ai été entousiasme lors de la lecture de votre article et je vous approuve complètement losque vous dites refuser de payer un impôt pour simplement s’abriter du froid et du vent. Je cherche moi aussi mon coin de paradis pour fuir la ville et le systeme, (dont je profiteJ’espère ardemment actuellement avec mes deux enfants en bas âge.)
      J’espère ardemment vos conseils et tuyaux pour investir mon tout petit pecule dans un coin de Liberté.Recevez toute mon admiration pour votre révolte. Alain.

    • Bonsoir,

      je partage vos réactions à l’injustice des prix et à la rareté du logement. Tous ceux qui n’ont pas de logement devraient pouvoir en bâtir un sur n’importe quel terrain dont ils sont propriétaires, même non constructible (sauf si c’est dangereux, évidemment) : les Etres humains que nous sommes comptons moins que les animaux sauvages qui, eux, peuvent loger leurs petits.

      Le permis de contruire n’existait pas avant la guerre, c’est une invention de nantis.

      Nos députés doivent sinon le supprimer, le donner automatiquement à ceux qui n’ont pas de logements à eux.

      fabrice pelestor
      ingénieur atomicien, président d’association.

      J’ai écrit un tract sur le logement au site http:\prct.fr

      Voir en ligne : Chrétiens Républicains ou on en a marre

  • cher félix entiérement d’accord avec tes arguments ....ca fait du bien de lire un tel article, jé 24 ans et je me constrit actuellement ma propre cabane en chéne datant de la tempéte , la je vis avec les sous d,une formation qui me serve a construire mon abris....ON ME L’A DIT le chéne sa travaille.... ta cabane sa tiendra pas !!!!! c,est merdique ta cahute ....rien a foutre on va quand méme faire comme ca, mon but etant de me mettre aussi a l’abris de certaines chose me dérangeant beaucoup,a savoir payer un loyer, payer edf et toute ses conneries ayant pour but unique d’enrichir certain au détriment des autres ....j’ ai pour but par ailleur de vivre avec mes chevaux, eux aussi dérange beaucoup : " ce n’est pas de l’agriculture je ne veux pa te louer mes terres méme si le droit t’en revient"...etc..etc. plus qu’une idéologie j’en fait un fil conducteur de ma vie, car sans argent ,avec peu de terres et un monceaux de connard au alentour, vivre avec mes chevaux parait impossible. salut

  • Anne de Marseille : j’ai lu avec intérêt votre article.je serais intéressée de vous rencontrer, vivre votre quotidien, car je pensais cabane depuis un moment ayant très peu de moyens pour m’installer.Si vous souhaitez me donner votre adresse voici mon email:nais@laposte.net
    Merci de votre réponse même négative

  • Salut Félix, salut à tous les Félix,

    Renaître de ses cendres, car quitter ce monde pour aller vers une vie plus vraie, plus juste, c’est bel et bien quitter le monde du diable, où tout brûle, se consume.
    L’homme est un débile mental, il faudrait arriver à changer sa structure mentale pour tendre à l’équilibre que nous propose la nature.
    Je ne crois pas que ça changera un jour.
    Nous avons actuellement en France un Président qui est à l’image des
    malades qu’occupent le pays et la terre.
    Alors que nous avons sous nos pied l’Eden, nous le souillons de nos déjections physiques et psychiques.
    Felix, j’espère un jour te rencontrer, et plutôt que d’aller en vacances au bord de mer marcher dans une merde ou une canette de bière, j’irais te voir et voir une fois dans ma vie un homme libre, un frère...

    Je suis à 200% d’accord avec toi. La vraie vie, la belle vie est avec la nature, le respect de la vie et les tendresses de l’âme.
    Le reste c’est du flan, du mensonge, du temps perdu.

    J’ai écris il y a quelques jours cette chanson, et lorsque je la chanterai
    sur un prochain album, je te la dédirais.

    Voici ce qu’elle dit :

    Où est ma terre ...

    Ce que m’offrait la terre, je n’y ai plus droit depuis longtemps,
    depuis que les hommes sont ici.
    Ils font commerce de tout, de tout ce que la vie offrait à chacun d’entre nous.
    Où puis-je cueillir les fruits, cultiver la terre comme me le soufflaient les saisons ?
    Où puis-je construire ma maison, faire mon nid et ma vie, comme m’y invitait la terre ?
    Nul part ailleurs que dans l’antre du diable, l’or et l’argent, la soumission.

    Où sont mes frères, où est ma terre ?

    Sous mes pieds, le sol est coupant, l’air est lourd et pesant.
    Le vie ne pousse plus par ici, les fleurs sont couchées sous l’asphalte
    Les gens ne se voient plus, le monde est aveugle.
    Des milliards de chacun, chacune,
    s’échangent de faux semblants, de belles paroles

    Le bruit du béton et de l’acier, a fait se taire à jamais le chant des plaines d’autrefois.
    À chaque endroit des frontières, d’immenses immeubles et demeures,
    Là, où d’autres demeurent à la rue, nus aux pas de portes fermées
    Insolantes et cyniques vitrines, font le tri ...
    Des gens pauvres et des milliards de fois trop riches

    Ils courent après le temps, ne savent l’attraper pour s’aimer
    Ils font régner la peur, la terreur, engendrent le vide et la haine
    Il n’est plus une seconde de paix,
    Ce monde si laid et si petit

    Plus une seconde ... à perdre.

    Olivier Cellier

    mon site internet

    http://oliviercellier.free.fr
    mes chansons sont en téléchargement gratuit sur le site - jamendo -
    une fois sur le site, tapez olivier cellier dans "recherche"

  • Grand salut Félix !
    Nom qui sonne la joie si mes souvenirs éthymologiques sont exacts.
    Comme je partage ton point de vue !... et je voudrais te remercier de me redonner l’espoir.
    En effet, après avoir cru en l’amour et au couple, je suis en train de voir s’éffondrer ma vie et mes créations, une maison rénovée pour nos vieux jours avec celle que je considérais mon alter-égo chérie. Lasse des travaux (devenu fatigué par près de 12ans de labeur !), elle a demandé le divorce et veut garder la maison, avec tout mon patrimoine injecté afin de payer des artisans qui ont fait le gros-oeuvre.
    Je partirais certainement sans rien d’autre que ma retraite (j’ai 58)...
    Y aurait-il un bout de terrain dans la région où je pourrais tenter de me refaire un petit ermitage sans ennuyer personne ? (mon handicap me laisse tout à fait autonome)
    Je rève d’autarcie en solitaire, peut-être avec mon chien s’il préfère me suivre... Je ne veux pas de cabane dans un arbre, ceci me paraissant du parasitisme, un peu comme le ferait le gui ou le foie-de-boeuf...
    Une vieille ruine à faire revivre (même grande cave ou bergerie) me plairait bien si le soleil peut en chauffer les pierres avec quelques arpends de terre de quoi faire pousser qq légumes (je suis végétarien !).
    Partager mes connaissances dans pas mal de domaines et aider selon mes compétences sera la contrepartie que je peux offrir.
    Si une possibilité se présente, j’en dirais plus sur mon profil...
    Merci de m’avoir lu ! bonne continuation !
    Jan-Marie