Le recours aux forêts

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Polo, la transmission de la cabane

Rencontre avec un auto-constructeur

juin 2004, par Le recours aux forêts

Aux confins de grandes montagnes, à 600 mètres d’altitude, tout en haut d’une route rocailleuse, au lieu dit "les moles" Polo construit et vit dans des cabanes depuis plus de 15 ans et a réussit à faire de son utopie sa vie.

C’est un amoureux de la nature, des bêtes, des plantes, des hommes - qui n’est pas étouffé par ses principes ou ses convictions (il vit dans un HLM, aussi il profite comme il peut de sa cabane et de son choix de vie, sans se rendre malade parce qu’il n’est pas à 200% dans sa cabane).

Il a construit sa dernière cabane avec tout ce qu’il a trouvé : taules, bouteilles, épaves de caravane, pièce de bois, bottes de pailles. Pour Polo, sa cabane qu’il appelle son nid n’est que le prolongement de sa peau, un habitat transitoire, entre l’habitation nomade et la maison qui permet de découvrir un lieu, de l’aimer, d’être en contact avec la nature.

La cabane est intimement liée à l’extérieur, au potager, aux vergers et aux bêtes que Polo élève.

Contrairement à beaucoup de personnes venues construire des cabanes dans des communautés au milieu des années 70, Polo est toujours resté dans ses constructions transitoires. C’est pour lui un véritable choix de vie : "construire une cabane c’est d’abord la nécessité d’avoir un toit, puis de voir si le lieu est bien. Mais j’aime l’idée de provisoire à entretenir, du contact intérieur-extérieur, tu prends conscience que tout est provisoire, même ta vie"

Et même si aujourd’hui Polo ne vit plus tous les jours dans sa cabane - il a un enfant en bas âge et un petit deux pièces dans un HLM du village - il essaye de vivre le plus de temps possible dans son habitation de montagne.

"Si une maison se construit en s’imposant à la nature- et parfois contre nature-, avec des matériaux arrachés de la terre, triturés, transformés et transportés de loin, une cabane s’insère dans la nature, et utilise des matériaux de l’environnement immédiat, biodégradables sans nuisance aucun pour l’environnement. Une maison est un lieu privilégié où accumuler quantité de produits de consommation à la mode ; on imagine mal une cabane avec cuisine intégrée ou salon de cuir. Vite construite et peu coûteuse, la cabane n’est pas un bien donné en héritage et ne fait pas l’objet de spéculations. On peut la céder ou l’abandonner. Elle est liée à des civilisations nomades peu soucieuses d’accumulation de biens et en contact avec la nature. C’est un choix de vie."